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Bordeaux : Dionymer accélère dans les cosmétiques avec Miyoshi Europe

La biotech bordelaise Dionymer franchit une nouvelle étape dans les cosmétiques. Elle s’associe à Miyoshi Europe pour commercialiser Orya, une poudre biosourcée et biodégradable conçue comme une alternative aux microplastiques. L’accord couvre l’Europe occidentale, le Moyen-Orient et l’Afrique. Il doit aussi permettre aux deux entreprises de développer ensemble de nouveaux ingrédients répondant aux besoins des formulateurs dans les prochaines années.

Orya se présente comme une poudre blanche ultrafine destinée aux formulations de maquillage, de soin de la peau et de protection solaire.

Un accord pour sortir du laboratoire

Le partenariat comporte deux volets complémentaires. Miyoshi Europe distribuera Orya sur un vaste marché couvrant plusieurs régions du monde. L’entreprise apportera son réseau commercial, sa connaissance des poudres et ses relations avec les fabricants de cosmétiques. En parallèle, un accord de développement conjoint prévoit la création de nouvelles références adaptées aux attentes des marques et de leurs laboratoires.

Pour Dionymer, l’enjeu est clair : passer d’une innovation validée techniquement à des essais commerciaux menés à plus grande échelle. La poudre est désormais disponible pour ces campagnes auprès des industriels. Le communiqué conjoint de Dionymer et Miyoshi Europe précise le périmètre géographique de la distribution et confirme la volonté de concevoir d’autres produits à deux.

Une poudre fabriquée par fermentation

La technologie bordelaise repose sur la fermentation de matières premières renouvelables, notamment issues de biodéchets. Les micro-organismes produisent alors des polymères de la famille des PHA. Dionymer transforme ces matériaux en granulés ou en poudres selon les applications visées. Dans les cosmétiques, Orya remplace certains ingrédients pétrochimiques employés pour modifier la texture ou l’aspect d’une formule.

Dionymer utilise un procédé de fermentation pour convertir des ressources renouvelables en biopolymères pouvant remplacer certains composants issus de la pétrochimie.

Cette poudre blanche et sphérique promet plusieurs fonctions. Elle améliore le toucher et l’étalement, produit un effet matifiant et adoucit visuellement les irrégularités de la peau. Elle peut également renforcer l’efficacité d’un filtre solaire ou faciliter la compaction d’un maquillage solide. La présentation technique des applications d’Orya détaille ces usages dans le maquillage et les soins.

Le marché des microplastiques en ligne de mire

Les formulateurs cherchent des solutions capables de préserver la sensation sur la peau sans conserver des poudres synthétiques persistantes. Dionymer mise précisément sur ce point : proposer un matériau biosourcé, fonctionnel et biodégradable, mais suffisamment régulier pour les exigences industrielles. Le défi ne réside donc pas uniquement dans l’origine du produit. Il faut égaler les performances, assurer la stabilité des lots et sécuriser les volumes.

Miyoshi Europe possède une expérience reconnue des traitements de surface et des poudres cosmétiques. Son arrivée doit raccourcir la distance entre la technologie de Dionymer et les cahiers des charges des marques. La biotech conserve son savoir-faire de fermentation ; son partenaire prend en charge une partie de l’accès au marché et du dialogue avec les clients.

Le partenariat associe la technologie de fermentation de Dionymer à l’expertise commerciale et formulatoire de Miyoshi Europe dans les poudres cosmétiques.

Une accélération après une levée de 7 millions d’euros

Fondée fin 2021 par trois ingénieurs chimistes formés à Bordeaux, Dionymer compte aujourd’hui une vingtaine de salariés. En février 2026, l’entreprise a bouclé une levée de fonds de 7 millions d’euros. Cette opération doit financer son passage d’une capacité pilote d’environ une tonne par an à une unité de démonstration visant 100 tonnes annuelles.

La cosmétique constitue un premier débouché visible, mais la société cible aussi les revêtements, le textile, l’emballage et la plasturgie. Sa plateforme produit des matériaux pouvant prendre la forme de poudre, de dispersion ou de granulés. Cette diversité compte dans sa stratégie : elle réduit la dépendance à un seul marché tout en exploitant le même socle technologique.

Avec Miyoshi Europe, Dionymer entre désormais dans une phase commerciale. La réussite se mesurera moins aux annonces qu’aux commandes, à la répétabilité de la production et à l’adoption d’Orya par les formulateurs. Pour la filière bordelaise des biotechnologies, ce contrat montre déjà qu’une innovation née localement peut viser des marchés industriels internationaux.

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