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Bordeaux : Horizom lève 10 millions d’euros pour bâtir une filière française du bambou

La société bordelaise Horizom franchit une nouvelle étape avec un financement de 10 millions d’euros apporté par SWEN Terra. Après avoir planté 460 hectares de bambou en France, l’entreprise veut désormais consolider toute une chaîne : pépinière, accompagnement agricole, récolte et débouchés industriels. Son objectif est ambitieux : porter son réseau à 3 000 hectares d’ici 2030.

Horizom accompagne des exploitations agricoles françaises dans l’implantation de bambou destiné à produire une biomasse locale pour plusieurs usages industriels.

Dix millions d’euros pour passer de la plantation à la filière

Le bambou n’est plus seulement, pour Horizom, une culture à installer dans les champs. Il faut maintenant produire les plants, suivre les parcelles, préparer les récoltes et garantir leur transformation. C’est à cette phase charnière que doit servir l’investissement de 10 millions d’euros réalisé par SWEN Terra, fonds consacré à l’agriculture régénératrice.

Créée à Bordeaux en 2022, la société a constitué un réseau de plantations dans 24 départements. Elle dispose aussi d’une pépinière de sept hectares dans les Landes. Le financement doit renforcer cet outil, étoffer les équipes et accompagner les premières livraisons industrielles. Il soutiendra les travaux agronomiques et l’analyse du cycle de vie.

Le pari ne se joue pas seulement dans les champs

Le modèle repose sur une articulation délicate. Horizom présente le bambou comme une diversification pérenne et assure un suivi technique. La récolte n’intervient qu’à partir de la cinquième année. Cette temporalité oblige à sécuriser revenus futurs et acheteurs bien avant la première coupe.

L’entreprise annonce un prix minimal garanti, des contrats de rachat à long terme et une rémunération fondée sur une commission fixe. Elle organise aussi le broyage et l’acheminement de la biomasse. Les exploitants restent ainsi producteurs tandis qu’Horizom joue l’intermédiaire entre leurs parcelles et les usines. Les modalités de cet accompagnement sont détaillées dans la présentation du parcours proposé aux agriculteurs.

La pépinière landaise constitue le premier maillon d’une chaîne qui doit conduire les plants jusqu’aux parcelles, puis la biomasse vers les usines.

Des débouchés à construire avant les premières récoltes

Le véritable test sera industriel. Une fois broyé, le bambou produit une matière ligneuse proche des plaquettes forestières. Horizom vise plusieurs marchés : isolants, panneaux, biochimie ou énergie. Un accord conclu avec Fiboo, filiale du groupe Baudelet, prévoit notamment le développement de 400 hectares pour alimenter une production d’isolants en fibre de bambou.

Cette recherche de débouchés donne au projet sa dimension économique. Sans commandes régulières, la plantation resterait une promesse lointaine pour les agriculteurs. Avec des contrats, elle peut devenir une nouvelle matière première locale. La société présente les différentes valorisations industrielles du bambou et mise sur des circuits resserrés afin de limiter les coûts de transport.

De 460 à 3 000 hectares d’ici 2030

Horizom annonce aujourd’hui 460 hectares plantés. Elle vise 3 000 hectares à l’horizon 2030, ainsi que 7 000 tonnes de biomasse livrées. Le changement d’échelle sera considérable. Il faudra sélectionner les parcelles adaptées, maîtriser l’irrigation, suivre les sols et vérifier que la qualité de la matière répond aux standards attendus par les industriels.

La dimension climatique fait aussi partie du projet. L’entreprise avance un potentiel pouvant atteindre trois millions de tonnes de CO₂ séquestrées, stockées ou évitées sur la durée de vie des plantations. Cette projection reste un objectif porté par Horizom et devra être étayée par les analyses annoncées, notamment sur le cycle de vie complet.

La réussite du changement d’échelle dépendra autant de la qualité des plantations que de contrats industriels capables d’absorber durablement les récoltes.

À Bordeaux, une entreprise au milieu de la chaîne

La levée de fonds donne des moyens, mais ne résout pas l’équation. La réussite dépendra du rendement des parcelles, du coût logistique et de la fidélité des débouchés. Horizom ne vend pas uniquement des plants : elle tente de bâtir une filière française du bambou, de la pépinière à l’usine.

Depuis Bordeaux, l’entreprise se place donc au croisement de l’agriculture et de l’industrie. Les prochaines années diront si le bambou peut dépasser le stade de culture émergente pour trouver une place durable parmi les ressources biosourcées françaises.

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