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À Bordeaux, une nouvelle imagerie térahertz améliore fortement les contrôles industriels

Observer précisément l’intérieur d’un matériau sans le découper ni l’endommager demeure un défi central pour l’industrie. À Bordeaux, des travaux consacrés à l’imagerie térahertz améliorent nettement la finesse des mesures. Cette avancée pourrait renforcer le contrôle non destructif de pièces composites, de polymères ou de produits multicouches, dans des secteurs où un défaut invisible peut avoir des conséquences coûteuses.

Des ondes situées entre l’infrarouge et les micro-ondes

Les rayonnements térahertz occupent une zone particulière du spectre électromagnétique. Ils peuvent traverser de nombreux matériaux non conducteurs, comme certains plastiques, textiles, mousses ou céramiques. Contrairement aux rayons X, ils ne sont pas ionisants. Leur intérêt tient à la possibilité de révéler des interfaces, des variations d’épaisseur ou des défauts cachés. La mesure reste toutefois exigeante, car le signal peut être perturbé par la forme de la pièce, son humidité ou la manière dont les différentes couches réfléchissent l’onde.

STRATFORD, ENGLAND – SEPTEMBER 17: A member of the Thruvision team is seen on the screen posing during a demonstration as the British Transport Police oversee an operational trial of the Thruvision camera system at Stratford station, on September 17, 2019 in Stratford, England. The technology was originally designed to locate holes in the ozone layer but has since been repurposed by the company for security purposes, to locate solid items such as knives hidden beneath clothing. The system uses a passive terahertz camera which works using the subjects body heat, locating zones which are blocking the heat. In notes available to the public during the trial, the police stressed that the images were not stored or recorded unless required for evidential purposes. The trial is set to run for five days. (Photo by Leon Neal/Getty Images)

Une précision accrue pour lire les matériaux

L’amélioration annoncée repose sur une méthode de traitement et d’analyse capable de mieux exploiter les informations renvoyées par le matériau. L’objectif n’est pas seulement d’obtenir une image plus nette, mais de distinguer des détails qui échappaient jusqu’ici à la mesure. Le programme consacré aux applications térahertz aux polymères de l’Université de Bordeaux illustre la place prise par cette technologie dans l’étude de la fabrication additive. Une meilleure résolution ouvre la voie à des diagnostics plus fiables.

Un enjeu majeur pour l’industrie aéronautique

Dans l’aéronautique, les matériaux composites sont largement utilisés pour gagner en légèreté. Ils peuvent pourtant présenter des délaminages, des inclusions ou des zones mal consolidées difficiles à repérer depuis la surface. Les contrôles doivent être précis sans ralentir les chaînes de production. L’imagerie térahertz peut compléter l’ultrason, la thermographie ou la radiographie, selon la nature de la pièce. Dans l’écosystème bordelais, où l’aéronautique et le spatial occupent une place importante, cette progression scientifique possède une résonance industrielle immédiate.

Du laboratoire à la chaîne de production

Les chercheurs bordelais travaillent à rendre les mesures plus fines afin de mieux détecter les défauts cachés dans les matériaux complexes

Le passage à l’usage industriel suppose cependant des équipements robustes, rapides et simples à interpréter. Une technologie pertinente au laboratoire doit pouvoir s’intégrer à un poste de contrôle, fonctionner sur des pièces de tailles variées et produire une décision compréhensible par l’opérateur. Les travaux du groupe Imagerie et caractérisation de l’I2M montrent l’importance de relier instrumentation, modélisation et traitement des données. Cette convergence est indispensable pour réduire les faux diagnostics.

Des applications bien au-delà des composites

La technique peut aussi intéresser le contrôle de revêtements, l’électronique, les assemblages collés, les produits pharmaceutiques ou les objets patrimoniaux. Chaque usage nécessite un étalonnage spécifique, car les matériaux ne réagissent pas de la même façon. L’imagerie térahertz ne remplacera donc pas toutes les méthodes existantes. Elle ajoute une capacité d’observation là où d’autres rayonnements sont moins adaptés, notamment pour des structures non métalliques et multicouches. Son intérêt grandira à mesure que les capteurs deviendront plus rapides et moins coûteux.

Une avancée scientifique à transformer en outil

Cette technologie pourrait compléter les méthodes existantes dans l’aéronautique, la fabrication additive, l’électronique ou encore le contrôle des revêtements industriels

Le gain de précision constitue une étape importante, mais il devra être confirmé sur des cas industriels nombreux. Les entreprises attendront des comparaisons avec leurs méthodes actuelles, des règles de qualification et une estimation du retour sur investissement. La formation des opérateurs et la traçabilité des résultats feront également partie des conditions d’adoption. À Bordeaux, la proximité entre laboratoires et filières de pointe peut accélérer ces validations. La promesse est celle d’un contrôle plus fin, plus tôt dans la fabrication, afin de corriger les défauts avant qu’une pièce ne devienne inutilisable ou ne nécessite une reprise coûteuse.

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