À Bordeaux, Les Petites Cantines invitent leurs voisins à faire plus que déjeuner ensemble. On peut venir préparer le repas dès 9 h 30, rejoindre la table à 12 h 30, puis contribuer selon ses moyens. Installée au 75 rue Henri-Dunant, cette cantine participative mise sur une idée simple : cuisiner et manger côte à côte peut ouvrir une conversation que la vie de quartier ne permet pas toujours.
Aux Petites Cantines de Bordeaux, la matinée commence en cuisine
Ici, le déjeuner ne sort pas d’une cuisine fermée au public. Les personnes inscrites à l’atelier rejoignent l’équipe le matin pour préparer le menu du jour. Les autres arrivent à l’heure de passer à table. Cette répartition laisse le choix : on peut avoir envie de manier l’épluche-légumes ou simplement de partager un repas, sans devoir justifier l’un ou l’autre.
Le fonctionnement repose sur la participation des habitants et des bénévoles. Courses, récupération d’invendus, préparation et vaisselle : la cuisine collective ne se limite pas aux recettes. Chacun apporte le temps dont il dispose et les compétences qu’il souhaite partager. Le responsable de cantine anime ce travail commun, sans instaurer une séparation figée entre ceux qui aideraient et ceux qui seraient aidés.

Le menu change avec les produits disponibles. L’association privilégie des ingrédients de saison, locaux ou issus de circuits courts lorsque cela est possible, ainsi que des invendus biologiques récupérés dans le quartier. Cette souplesse évite de promettre la même assiette chaque semaine ; elle donne au contraire une place au marché, aux arrivages et aux personnes qui cuisinent ce jour-là.
Un repas à prix libre, sans table réservée aux seuls bénévoles
Le moment du repas rassemble les cuisiniers du matin et les convives venus uniquement déjeuner. Aux Petites Cantines bordelaises, l’enjeu n’est pas de sélectionner des habitués : le lieu accueille aussi ceux qui poussent la porte pour la première fois. Autour de la table, la participation n’impose pas d’être un cuisinier confirmé ni de connaître déjà les autres participants.
Le prix est libre, tout comme l’adhésion à l’association. Chacun donne ce qu’il peut et ce qu’il souhaite. Ce modèle permet aux contributions les plus élevées de soutenir l’accueil de personnes dont le budget est plus serré, tout en aidant à couvrir les charges. Il ne s’agit donc pas d’un repas gratuit financé sans contrepartie, mais d’une contribution adaptée à des situations différentes.
Le projet est né à Lyon en 2016 pour lutter contre l’isolement par des repas préparés et partagés entre voisins. À Bordeaux, cette ambition prend une forme très concrète : on peut consacrer sa matinée à la préparation ou venir à midi pour discuter avec d’autres habitants. Le lien social ne se décrète pas ; la cantine lui offre simplement un lieu et du temps.
Comment rejoindre la table rue Henri-Dunant ?
La cantine bordelaise ouvre du mardi au vendredi. L’équipe donne rendez-vous à 9 h 30 pour cuisiner et à 12 h 30 pour déjeuner ; le lieu reste ouvert jusqu’à 15 h 30. Les places sont limitées, et l’association prépare les quantités en fonction des inscrits. La page de réservation des ateliers et des repas permet de choisir un créneau. Un atelier qui n’apparaît plus peut être complet alors qu’une place reste disponible pour le déjeuner.
On peut également réserver par téléphone au 09 80 26 78 39. En cas d’empêchement, l’équipe demande d’être prévenue 48 heures avant. Ceux qui souhaitent s’investir régulièrement trouveront sur la page consacrée au bénévolat à Bordeaux les différentes façons d’aider, en salle comme dans la vie de l’association.

L’adresse est facile à retenir : 75 rue Henri-Dunant, à Bordeaux. La formule n’exige ni savoir-faire particulier ni groupe d’amis déjà constitué. Il suffit de réserver pour cuisiner ou pour déjeuner, puis de choisir sa contribution après le repas. Une manière très directe de découvrir son quartier par celles et ceux qui y vivent.
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