Au CHU de Bordeaux, la 5G doit servir bien davantage qu’à améliorer la réception d’un téléphone. L’établissement et Bouygues Telecom Business ont lancé un projet destiné à connecter 18 bâtiments, puis à tester de nouveaux outils pour les soignants et les patients. Ambulances reliées à un médecin, préparation d’opérations en 3D, localisation du matériel : ces usages sont annoncés pour 2027. Leur mise en service effective reste à documenter.
Dix-huit bâtiments concernés par le projet 5G du CHU de Bordeaux
Le projet porte un nom : 5MART HO5PITAL. Présenté en janvier 2026, il prévoit d’apporter une couverture 5G à l’intérieur des 18 bâtiments hospitaliers du CHU. La première phase devait commencer au second semestre 2026. Pour les patients, cette étape concernerait d’abord la qualité de la connexion dans les locaux ; pour les équipes, elle préparerait surtout une infrastructure commune à plusieurs services. Ce calendrier décrit un objectif de déploiement ; les documents publics consultés ne permettent pas d’affirmer que tous les bâtiments sont déjà équipés.

L’enjeu dépasse la simple couverture mobile. Dans un hôpital, les communications doivent rester disponibles lorsque les équipes circulent entre les services, utilisent des appareils connectés ou échangent des données sensibles. Le dispositif annoncé combine un accès public pour les usagers et un réseau privé réservé aux besoins de l’établissement. Les communications jugées critiques doivent pouvoir y recevoir une priorité technique.
Le programme présenté par le CHU de Bordeaux s’étend sur trois ans. Bouygues Telecom Business fournit l’infrastructure de réseau, avec Ericsson comme partenaire technologique. Le projet bénéficie aussi d’un soutien européen, dans le cadre du mécanisme consacré à l’interconnexion des infrastructures.
Ambulances connectées et chirurgie 3D : des usages encore à venir
Une ambulance pourrait, à terme, transmettre des informations à un spécialiste resté à l’hôpital pendant le trajet du patient. L’objectif serait de préparer plus tôt sa prise en charge. Le CHU cite également la modélisation 3D en chirurgie, pour préparer une intervention ou former des professionnels, ainsi que des lunettes connectées susceptibles d’apporter une assistance visuelle au bloc opératoire.
Ces exemples figurent parmi les applications envisagées à partir de 2027. Ils ne signifient pas que les ambulances ou les salles d’opération bordelaises utilisent déjà ces dispositifs en routine. La distinction compte : le réseau constitue une condition technique, mais chaque outil médical doit encore être déployé, intégré au travail des équipes et évalué pour son usage réel.
La présentation européenne du projet 5MART HO5PITAL évoque aussi la circulation de données et le suivi des équipements. Retrouver rapidement un appareil mobile dans un grand ensemble hospitalier pourrait répondre à un problème très concret : le temps perdu à chercher le matériel dont une équipe a besoin.

La sécurité des données au centre du dispositif
La promesse de rapidité ne suffit pas dans un établissement de santé. Le projet prévoit des équipements de réseau installés sur site, avec des éléments doublés et répartis dans différents locaux afin de limiter les interruptions. Cette organisation vise à protéger la continuité des échanges et à séparer les usages hospitaliers des connexions ouvertes au public.
Autre composante annoncée : le traitement de certaines données au plus près de l’hôpital, plutôt que par des serveurs éloignés. Ce principe peut réduire le délai de réponse d’une application. Il ne remplace toutefois ni les règles de confidentialité des données médicales ni les validations nécessaires avant qu’un outil soit utilisé dans les soins.
Le CHU de Bordeaux présente ce chantier comme une transformation progressive de ses pratiques. La question décisive sera désormais de mesurer, pour chaque application effectivement mise en service, ce qu’elle change pour les patients et les professionnels. Le calendrier annoncé ouvre une perspective ; seuls les déploiements constatés permettront d’en dresser le bilan.

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