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À Bordeaux, la Nuit du droit fait parler les mots de la justice ce lundi soir

Ce lundi 5 octobre, le droit sort des salles d’audience à Bordeaux. L’Hôtel de Région ouvre ses portes dès 17 heures pour une soirée gratuite consacrée aux mots de la justice. Lycéens, étudiants, avocats, enseignants et magistrats vont croiser leurs voix jusqu’à 22 h 45. Le programme mêle scènes d’éloquence, conférences et procès décalé. La neuvième Nuit du droit veut rendre son langage accessible à ceux qui le croisent quotidiennement.

La neuvième Nuit du droit se tient le même soir à Limoges et à Poitiers, mais le rendez-vous bordelais possède sa propre affiche et un fil conducteur : comprendre ce que les mots changent dans la vie publique.

Pourquoi les mots de la justice sont au centre de la soirée

Une « minute », un « arrêt » ou une « chambre » ne désignent pas toujours, pour les juristes, ce que le langage courant laisse entendre. Le thème de l’édition 2026, « Les mots du droit, un sens à part », part de ce décalage. Le propos ne consiste pas à dresser un glossaire savant. Il s’agit de montrer comment une qualification, une formule ou une interprétation peuvent peser sur une décision de justice. Cette question concerne bien davantage que les professions juridiques : les citoyens lisent des décisions, signent des contrats, répondent à des démarches et rencontrent chaque jour ces mots spécialisés.

À Bordeaux, la Nuit du droit rassemble lycéens, avocats, universitaires et public autour du sens précis des mots employés par la justice.

Trois lycées ouvrent le programme à l’Hôtel de Région

À Bordeaux, l’accueil du public commence à 17 heures au 14, rue François-de-Sourdis. Après l’ouverture officielle prévue à 17 h 30, trois lycées de Nouvelle-Aquitaine disposent d’une heure pour faire entendre leurs textes et leurs saynètes. Le lycée Condorcet travaille sur la part du sens avec l’association Lysias Bordeaux. Gustave-Eiffel se saisit des « maux des mots ». Les élèves de Trégey Rive de Garonne proposent un abécédaire du jargon des usineurs. Ce choix donne aux jeunes une place importante dans une soirée qui aurait pu rester l’affaire des seuls praticiens.

Un procès décalé et une conférence sur l’amnistie

L’historienne Anne-Marie Cocula prendra ensuite la parole à 19 heures sur les lois d’amnistie et la façon dont leur vocabulaire traverse l’histoire. La question change de registre sans quitter le fil de la soirée : nommer l’oubli, la mémoire ou la réparation n’a rien d’anodin. Après une pause, les élèves avocats de l’École Aliénor d’Aquitaine présenteront à 20 h 25 un procès décalé, avec la participation d’avocats de la Conférence du barreau de Bordeaux. Le format permet de mettre à l’épreuve les mots du droit devant un public qui peut suivre leur usage en situation.

Les élèves avocats de l’École Aliénor d’Aquitaine présenteront un procès décalé dans la soirée, avec des avocats du barreau de Bordeaux.

De Mauriac à Zola, la justice passe aussi par la littérature

À 21 h 30, la littérature rejoint le débat. Jérôme Michel, conseiller d’État, évoquera la justice dans l’œuvre de François Mauriac. Sophie Delbrel, enseignante en histoire du droit à l’Université de Bordeaux, abordera les mots de Zola. Romane Foubert, étudiante en droit, modérera cette séquence. Le passage par deux écrivains donne une autre profondeur au sujet : le vocabulaire juridique n’existe pas seulement dans les textes officiels, il nourrit aussi les récits qui interrogent les rapports entre individus, institutions et société.

La Nuit du droit est organisée chaque année autour de l’anniversaire de la Constitution de 1958. La Région Nouvelle-Aquitaine décline cette édition dans trois villes le 5 octobre. À Bordeaux, l’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles, et la clôture est annoncée à 22 h 45. Le public peut choisir d’assister à l’ensemble de la soirée ou à une séquence précise. Le programme détaillé reste utile pour se repérer, mais l’intérêt du rendez-vous tient surtout à la diversité des intervenants : les mots de la justice passent ici du lycée à l’université, de la scène au prétoire.

Le rendez-vous bordelais se tient au 14 rue François-de-Sourdis, avec un accueil à partir de 17 heures et une clôture à 22 h 45.

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