La Gironde estime que le projet de loi de finances pour 2027 pourrait lui faire perdre entre 20 et 30 millions d’euros. Le Département conteste notamment la manière dont l’État envisage de financer l’autonomie des personnes âgées et la compensation du handicap, deux dépenses qu’il doit assurer quels que soient ses moyens du moment. Ce montant reste une projection, puisque le texte national n’est pas adopté. Il suffit pourtant à rouvrir un conflit déjà ancien sur les ressources des collectivités locales qui financent les politiques sociales.
Budget 2027 en Gironde : le Département conteste les chiffres nationaux
Une annonce nationale peut produire un bilan très différent à l’échelle girondine. Le gouvernement présente une hausse nette de 1,5 milliard d’euros en faveur des départements. La Gironde soutient au contraire que la répartition et la nature des mesures se traduiraient, pour elle, par une diminution de ses moyens. Le Département de la Gironde ne détaille pas publiquement, dans ce communiqué, le calcul ligne par ligne des 20 à 30 millions annoncés.

L’autonomie, point central du différend
Le président Jean-Luc Gleyze vise particulièrement le financement de deux prestations : l’allocation personnalisée d’autonomie, ou APA, destinée aux personnes âgées en perte d’autonomie, et la prestation de compensation du handicap, la PCH. Ces dépenses suivent les besoins de leurs bénéficiaires. Elles ne peuvent pas être réduites comme une ligne facultative lorsque les droits sont ouverts. La collectivité affirme que ses recettes ne progressent pas au même rythme.
Le projet national prévoit d’affecter directement 300 millions d’euros de contribution sociale généralisée aux départements pour participer au financement de l’APA et de la PCH. Pour la Gironde, ce transfert serait, dans sa forme actuelle, un changement de circuit financier plutôt qu’une ressource nouvelle et durable. Le Département craint aussi un affaiblissement du rôle de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, qui intervient aujourd’hui dans ce système.
Dans son communiqué consacré aux moyens des solidarités, la collectivité demande que la loi garantisse une compensation nationale d’au moins la moitié des dépenses d’APA et de PCH. Elle veut que cette part évolue avec les besoins réels. Cette proposition exprime la position du Département ; elle ne figure pas, à ce stade, comme une mesure définitivement adoptée.

Un équilibre déjà fragile avant le projet de loi
La Gironde suit déjà un plan de retour à l’équilibre. Son budget primitif 2026 s’établit autour de 1,8 milliard d’euros. Les allocations individuelles de solidarité, l’aide sociale à l’enfance et les autres missions obligatoires pèsent fortement sur cette enveloppe. Les recettes, notamment celles liées aux transactions immobilières et à la consommation, varient davantage que ces dépenses. Cette tension est ancienne ; le projet de loi de finances la remet au premier plan.
La collectivité avait déjà expliqué sa trajectoire et ses contraintes dans une présentation de son retour à l’équilibre budgétaire. Elle y rappelait que les droits sociaux sont principalement fixés par la loi et que la compensation nationale ne couvre pas l’intégralité des sommes versées. La nouvelle estimation pour 2027 devra être lue à la lumière de ce contexte, sans être confondue avec le déficit constaté sur un exercice précédent.

Ce que le vote national devra trancher
Jean-Luc Gleyze entend porter cette demande auprès des autres départements. Le point décisif sera la version finale du projet de loi de finances 2027 et la traduction concrète de ses mesures pour la Gironde. D’ici là, les 20 à 30 millions d’euros restent un signal d’alerte formulé par la collectivité, qu’il faudra confronter aux arbitrages adoptés.
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