Près de deux millions d’euros ont été mobilisés pour les travailleurs indépendants touchés par les incendies de l’été en Gironde et dans les Landes. Au 1er octobre 2026, 1 952 professionnels avaient reçu une aide du Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants, le CPSTI. Après les premiers versements, le soutien doit se prolonger pour les entreprises dont la reprise reste difficile, notamment sur les cotisations et la trésorerie.

Après les incendies en Gironde, des aides selon les dommages
Le bilan a été présenté lundi 12 octobre au siège de l’Urssaf Aquitaine, à Bruges. Le plan exceptionnel concernait notamment les artisans, les commerçants, les professionnels libéraux concernés et les autoentrepreneurs cotisant comme travailleurs indépendants. Les assurés relevant de la Cipav pouvaient également entrer dans le dispositif.
Deux situations ouvraient des niveaux de soutien différents. Une entreprise située dans un périmètre d’évacuation, empêchée temporairement de travailler, pouvait bénéficier d’une aide allant jusqu’à 2 000 euros. Lorsque les flammes avaient directement atteint l’entreprise ou la résidence principale, le soutien pouvait atteindre 8 000 euros.
Parmi les bénéficiaires, 62 indépendants ont également obtenu une aide financière exceptionnelle complémentaire après la destruction de leur local professionnel. Ils se répartissent entre 38 dossiers dans les Landes et 24 en Gironde, pour un montant total de 245 550 euros au titre de cette aide.
Le dispositif exceptionnel appliqué aux incendies de juillet s’est terminé le 30 septembre 2026. Ce calendrier concerne le plan d’urgence : l’accompagnement des professionnels fragilisés continue ensuite par les aides sanitaires et sociales du CPSTI.
Au Porge, une activité touristique privée de son matériel
Geraldine, prestataire de services dans le tourisme sur la presqu’île du Cap Ferret, a reçu 8 000 euros en deux versements. Sa maison du Porge a été détruite dans l’incendie de Saumos. Elle y a aussi perdu ses lave-linge et son matériel de repassage, indispensables à son travail.

Cette somme lui a permis de financer une partie de ses dépenses quotidiennes et de racheter du linge. Elle n’a toutefois pas pu remplacer tout ce qu’elle avait perdu, faute de ressources. Son cas montre comment la destruction d’une habitation peut aussi emporter les équipements nécessaires à une activité professionnelle.
Pour les indépendants les plus touchés, le CPSTI prévoit un suivi sur plusieurs mois. L’objectif est de préserver l’activité lorsqu’elle peut continuer et d’aider à la reprendre lorsqu’elle a été interrompue. Les difficultés financières peuvent ainsi nécessiter un soutien après les premiers secours.
Cotisations et trésorerie : deux leviers pour la reprise
L’aide aux cotisants en difficulté, appelée Aced, permet de prendre en charge tout ou partie des cotisations et contributions sociales personnelles dues à l’Urssaf. Elle répond notamment aux difficultés liées à la conjoncture économique, à la santé ou à un sinistre affectant le travail de l’indépendant.
Cette prise en charge contribue au maintien des droits sociaux associés aux cotisations et à la poursuite de l’activité. Elle se distingue d’une somme versée pour remplacer des biens détruits : son objet porte sur les paiements sociaux personnels du professionnel.

L’aide financière exceptionnelle, ou AFE, répond quant à elle à des problèmes importants de trésorerie. Elle peut compléter une prise en charge de cotisations au titre de l’Aced. L’Urssaf détaille ces deux mécanismes dans sa présentation de l’action sociale du CPSTI.
L’attribution dépend de la situation examinée par la commission d’action sanitaire et sociale. Un indépendant confronté à une difficulté ponctuelle peut consulter les démarches présentées par l’Urssaf pour solliciter cet accompagnement. Les deux aides répondent à des besoins distincts, qui peuvent se cumuler selon le dossier.
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