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Ces trois moments historiques où Bordeaux est devenue la capitale de la France

Paris est la capitale de la France, sauf quand l’histoire en décide autrement. À trois reprises, Bordeaux a endossé ce rôle inattendu, devenant le centre du pouvoir français dans des moments de crise majeure : en 1870, en 1914 et en 1940. Trois épisodes distincts, mais une même logique de repli de l’État face aux guerres et aux menaces sur la capitale.

Ces parenthèses historiques, souvent méconnues, racontent une autre histoire de la France, vue depuis les quais de la Garonne. Une histoire où la ville devient, temporairement, le cœur politique du pays.

1870 : Bordeaux capitale face à la défaite militaire

La première fois remonte à la guerre franco-prussienne. Après la défaite de Sedan et la chute du Second Empire, le gouvernement républicain se replie progressivement vers le sud-ouest. Le 9 décembre 1870, Bordeaux devient capitale de la France, dans un contexte de guerre et de siège.

Pendant plusieurs mois, les institutions s’y installent et prennent des décisions cruciales pour l’avenir du pays. C’est notamment depuis la ville que se joue une partie des négociations qui aboutissent à la fin du conflit et à des pertes territoriales importantes pour la France.

Quand Bordeaux devenait la capitale française, c’était car la guerre était à nos portes et que la défaite approchée.
© Bibliosurf

Le pouvoir quitte finalement Bordeaux en mars 1871, mais la ville a déjà marqué son entrée dans l’histoire politique nationale.

1914 et 1940 : deux repliements face aux guerres mondiales

En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, le gouvernement quitte Paris menacé par l’avancée allemande. Bordeaux devient à nouveau capitale temporaire pendant plusieurs mois. Les institutions s’y installent, tout comme plusieurs administrations et organes de presse, transformant la ville en centre décisionnel du pays jusqu’au retour à Paris en décembre.

Vingt-six ans plus tard, en juin 1940, Bordeaux connaît un épisode encore plus bref mais dramatique. Face à l’effondrement militaire, le gouvernement se replie une dernière fois sur la ville. C’est depuis ses bâtiments administratifs que sont prises les dernières décisions de la IIIe République avant l’armistice.

De nombreux lieux de Bordeaux ont été le centre du pouvoir français pour un total de 3 fois jusqu’à présent.
© Crédit photo : La Mémoire de Bordeaux

Aujourd’hui, ces épisodes se lisent encore dans la pierre de la ville. Le Grand Théâtre de Bordeaux, la préfecture ou encore la rue Vital-Carles témoignent de ces moments où la Garonne a remplacé la Seine comme centre du pouvoir.

En te promenant dans Bordeaux, tu traverses donc sans le savoir des lieux où s’est écrite une partie de l’histoire de France. Une histoire de repli, de décisions rapides et de basculements politiques majeurs, concentrés en quelques rues seulement.

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