Changer de trajectoire sans forcément changer d’employeur : c’est l’aspiration qui ressort d’un baromètre Ifop réalisé pour Mon CEP Nouvelle-Aquitaine. Dans la région, 77 % des personnes interrogées envisagent une évolution professionnelle d’ici deux ans. Pour les actifs de Bordeaux et de Gironde, ces résultats éclairent une question : comment avancer dans sa carrière sans repartir nécessairement de zéro ? L’enquête porte toutefois sur la région entière, pas sur la seule Gironde.
À Bordeaux et en Gironde, une envie d’évoluer à lire à l’échelle régionale
Le sondage repose sur les réponses de 400 actifs occupés de Nouvelle-Aquitaine. Il ne fournit aucun résultat spécifique à Bordeaux ni au département de la Gironde. Cette limite compte : on ne peut pas attribuer aux salariés bordelais les 77 % mesurés à l’échelle régionale.
Parmi les répondants qui souhaitent évoluer, 57 % veulent rester dans leur secteur d’activité et 59 % dans leur organisation. Seuls 10 % préféreraient quitter le salariat. L’évolution interne, la formation ou la mobilité apparaissent donc comme des pistes plus présentes que la rupture complète. Enfin, 36 % de ceux qui envisagent de partir de leur structure invoquent un manque d’opportunités en interne.

Des aspirations différentes selon l’âge et les responsabilités
L’envie de mouvement est particulièrement forte chez les moins de 40 ans : 90 % envisagent une évolution dans les deux prochaines années, contre 54 % des salariés plus expérimentés. Parmi les plus de 50 ans qui pensent évoluer, 34 % se disent prêts à changer de secteur, contre 17 % des moins de 40 ans. Ces écarts rappellent qu’un même mot, « évolution », peut recouvrir des projets très différents.
Les fonctions d’encadrement présentent une autre tension. Le baromètre relève que 97 % des managers intermédiaires envisagent d’évoluer. Pour ceux qui souhaitent rester dans leur organisation, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle arrive en tête des critères cités. Le sujet concerne aussi les employeurs de la métropole bordelaise, sans que l’étude permette d’isoler leurs réponses de celles du reste de la région.
Le décalage entre aspirations et réalité du travail est également mesuré : 27 % des répondants néo-aquitains se disent déçus par rapport à leurs attentes de début de carrière. À l’inverse, 62 % estiment que leur activité actuelle y correspond. Le désir de changer ne signifie donc pas toujours insatisfaction totale ; il peut traduire la recherche d’une place différente dans un parcours déjà engagé.
L’intelligence artificielle pousse à réfléchir, sans déclencher systématiquement un départ

L’intelligence artificielle pèse dans les réflexions professionnelles : 45 % des personnes interrogées déclarent que son développement les amène à s’interroger davantage sur leur parcours. Elles sont 55 % à la percevoir comme une aide dans leur travail. Dans le même temps, 27 % pensent que leur poste pourrait disparaître sous son effet d’ici deux ans ; 73 % ne partagent pas cette crainte à cet horizon.
Ces interrogations ne se transforment pas automatiquement en changement de poste. La part de ceux qui commencent à réfléchir à leur avenir professionnel passe de 31 % en 2025 à 38 % en 2026, tandis que la mobilité déjà engagée recule de trois points. Le baromètre décrit ainsi un temps d’examen des possibilités, plus qu’une vague de départs immédiats.
Un conseil gratuit accessible aux actifs girondins
En Nouvelle-Aquitaine, Mon conseil en évolution professionnelle s’appuie sur plus de 150 conseillers répartis dans 113 sites. Le service est gratuit et confidentiel. Les salariés et indépendants de Bordeaux ou d’ailleurs en Gironde peuvent rechercher un conseiller en évolution professionnelle près de chez eux selon leur situation. La foire aux questions de Mon CEP détaille notamment l’accompagnement possible pour une mobilité, une formation ou une reconversion.

Reste un obstacle d’information : 63 % des répondants déclarent ne pas avoir été informés de l’existence du dispositif par leur employeur. Le service a pourtant accompagné plus de 21 400 actifs en emploi dans la région en 2025. Pour les Girondins qui hésitent entre progression interne et changement de métier, connaître cette possibilité constitue déjà une première étape.
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