ActuNews

Covoiturage et trajets scolaires : la Gironde cherche où la voiture peut reculer

La Gironde multiplie les parkings de covoiturage, mais leur occupation varie fortement selon les territoires. Hors métropole bordelaise, le Département recense 81 aires et 2 047 places, occupées en moyenne à environ 60 %. Parallèlement, il lance une enquête sur les trajets vers les collèges pour savoir où la voiture individuelle reste difficile à remplacer. Derrière ces deux démarches, une même question : comment adapter les solutions aux déplacements réels plutôt qu’aux seuls plans de mobilité ?

Des aires fréquentées, d’autres presque vides

Les parkings proches des grands axes ou des gares peuvent être très demandés. D’autres, notamment en centre-bourg, restent peu utilisés. Une moyenne de 60 % masque donc des écarts importants. Elle interdit de conclure que la Gironde manquerait partout de places ou que le covoiturage serait partout en panne. L’emplacement, l’horaire des trajets et la possibilité de rejoindre le site sans détour jouent un rôle décisif.

Le Département compte 81 aires de covoiturage hors métropole, dont la fréquentation varie fortement selon leur emplacement. Certaines aires sont bien plus fréquentées.

Le Département présente son réseau d’aires hors Bordeaux Métropole. Il prévoit cinq nouveaux aménagements à Aillas, Sainte-Hélène, Yvrac, Tresses et Saint-Jean-d’Illac, ainsi que l’extension de deux sites existants. À Andernos et Lanton, des espaces doivent aussi mieux s’articuler avec une ligne de car express. Cette combinaison reconnaît qu’un parking seul ne crée pas automatiquement des trajets partagés.

Le trajet vers le collège sous la loupe

Une enquête distincte, conduite avec l’agence d’urbanisme a-urba, interroge jusqu’au 30 novembre les collégiens, leurs familles et les personnels des établissements. Les réponses passent par les outils utilisés par les collèges, notamment Pronote ou École Directe. Le Département explique la démarche : mesurer comment chacun se déplace avant de définir les actions les plus utiles à chaque établissement.

Les trajets scolaires obéissent à des contraintes particulières. Les horaires sont concentrés, les parents combinent souvent école et travail, et l’autonomie des élèves varie avec l’âge. Une piste cyclable peut suffire dans un secteur ; ailleurs, la distance ou l’absence de transport collectif impose une réponse locale très différente. L’enquête doit permettre de distinguer ces cas, plutôt que d’appliquer un modèle uniforme à tous les collèges girondins.

Une enquête ouverte jusqu’au 30 novembre interroge les élèves, les familles et les personnels sur leurs trajets vers les collèges girondins.

Des habitudes très liées au territoire

Une précédente enquête du Département, menée en 2019-2020 auprès de 13 000 élèves, avait montré une part de la voiture d’environ 14 % dans les communes centrales de la métropole, contre 25 % à sa périphérie et jusqu’à 27 % dans le Sud Gironde. Ces chiffres anciens ne décrivent pas nécessairement la situation de 2026 ; ils montrent surtout pourquoi une nouvelle mesure locale girondine est nécessaire.

La marche, le vélo, le car et le covoiturage n’entrent pas en concurrence partout de la même façon. Dans une commune dense, raccourcir ou sécuriser un chemin peut changer la donne. Dans une zone peu desservie, partager une voiture peut être l’option la plus réaliste. L’objectif affiché est de réduire les déplacements individuels lorsque des solutions crédibles existent, sans ignorer les contraintes des familles.

La Gironde veut relier les aires de covoiturage aux cars et adapter les solutions scolaires à chaque territoire. Les besoins diffèrent selon les secteurs girondins.

De la place de parking au trajet partagé

Le service public Covoit Modalis complète les aires physiques avec une application sans commission, où le prix du trajet est fixé par les usagers. L’outil facilite la rencontre entre conducteurs et passagers, mais ne règle pas à lui seul les horaires décalés des familles ou les trajets quotidiens trop dispersés. Les prochains aménagements devront être jugés sur leur usage réel, pas seulement sur leur nombre de places.

Les résultats de l’enquête scolaire devraient, de la même manière, conduire à des interventions précises par établissement. Si la Gironde veut faire reculer la voiture individuelle, la preuve viendra de déplacements effectivement remplacés : des familles qui peuvent marcher, pédaler, prendre un car ou partager un trajet parce que le réseau correspond enfin à leur quotidien.

À lire aussi : Hôtel de Lalande : de la prison municipale au musée du design de Bordeaux

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page