Flying Whales a bouclé une levée de 90 millions d’euros pour poursuivre son dirigeable cargo XXL. Pour la Gironde, l’enjeu se situe à Laruscade, où l’entreprise projette d’assembler le LCA60T. Ce financement, finalisé en mai et rendu public en octobre 2026, doit soutenir le programme jusqu’au premier vol annoncé pour fin 2028. Il ne transforme pas encore le projet en usine en activité : les travaux préliminaires sont attendus cet automne.
90 millions d’euros pour franchir une étape industrielle
Ce nouveau tour de table était négocié depuis deux ans. Il atteint finalement 90 millions d’euros, contre plus de 105 millions initialement envisagés. La différence tient notamment à l’absence de réinvestissement du Québec, que la direction explique par le calendrier politique de la province. Les autres actionnaires historiques ont participé, aux côtés de nouveaux entrants.
Parmi eux, CMA CGM prend la première place dans ce financement via son fonds Pulse. La Carac rejoint également le capital, avec deux fonds financiers et un assureur. Air Liquide, Aéroports de Paris, Bouygues et la Région Nouvelle-Aquitaine figurent parmi les soutiens déjà présents. D’après les chiffres communiqués pour cette opération, Flying Whales a levé près de 400 millions d’euros depuis sa création en 2012, dont 250 millions de fonds privés.

Le montant annoncé est donc à la fois important et inférieur à l’objectif initial. Il donne au programme le temps de poursuivre son développement, sans supprimer les étapes qui restent à franchir. La société vise désormais un premier vol en Gironde fin 2028. Cette échéance constitue un objectif industriel, pas une mise en service acquise.
Laruscade attend le passage du projet aux travaux
Dans le nord de la Gironde, le futur site d’assemblage est le point d’ancrage concret de cette levée de fonds. Flying Whales annonce des travaux préliminaires à Laruscade à l’automne 2026. Le chantier, les essais et la certification devront ensuite suivre leur propre calendrier. Le dirigeable projeté, baptisé LCA60T, mesurerait 200 mètres et pourrait transporter jusqu’à 60 tonnes de marchandises, selon les caractéristiques avancées par l’entreprise.
Son usage envisagé dépasse le seul secteur aéronautique. Flying Whales cible notamment le transport de bois, d’équipements destinés aux énergies renouvelables et d’autres charges difficiles à acheminer par la route. Le projet cherche à desservir des zones où les infrastructures terrestres sont limitées. L’entreprise présente le site industriel de Laruscade comme l’étape majeure de 2026, en parallèle des essais de ses systèmes.

Le territoire accueille ainsi un pari industriel de grande taille, avec des retombées promises sur l’emploi mais aussi des interrogations sur son implantation. L’autorisation environnementale obtenue pour Laruscade en 2025 a permis au dossier d’avancer. Elle ne vaut ni certification du futur aéronef ni garantie sur le calendrier de production. Les impacts écologiques du site ont, eux aussi, fait l’objet de débats publics.
Un financement décisif, un vol encore à démontrer
Cette distinction compte pour mesurer la portée de l’annonce. Les 90 millions d’euros sécurisent une phase de développement ; ils ne prouvent pas encore que le dirigeable de fret remplira les performances prévues. Entre le financement, la construction de l’usine, l’assemblage puis les essais, plusieurs jalons séparent encore Laruscade d’un appareil dans le ciel girondin.

Le projet mobilise aussi une filière plus large en Nouvelle-Aquitaine. Flying Whales a choisi Agen pour son école consacrée aux métiers du dirigeable, complémentaire du futur site d’assemblage girondin. Cette répartition donne une dimension régionale au programme, mais la prochaine échéance visible pour la Gironde reste le lancement effectif des travaux à Laruscade.
Pour l’heure, le fait nouveau est financier : des investisseurs ont apporté 90 millions d’euros à une entreprise qui prépare un appareil hors normes. La promesse industrielle sera jugée sur les étapes suivantes, d’abord au sol, puis en vol. À Laruscade, le démarrage annoncé du chantier sera le prochain test.
À lire aussi : Champions Cup : l’UBB ouvre la défense de ses deux titres à Gloucester




