Le dossier des Girondins de Bordeaux n’est pas refermé. Malgré l’abandon annoncé de leur projet initial, les investisseurs de Park Bench discutent de nouveau avec Gérard Lopez pour tenter d’éviter la liquidation judiciaire du club. L’enjeu a changé : Bordeaux étant écarté des championnats nationaux, il faut désormais bâtir un financement compatible avec une saison en Régional 1. Un point est attendu ce jeudi 17 septembre devant le tribunal de commerce.

Un retour à la table des discussions
Le 5 septembre, le projet semblait terminé. Après le refus d’une réintégration des Girondins au niveau national, Park Bench avait annoncé qu’il ne poursuivrait pas l’opération envisagée avec Sparta Capital. Les pourparlers ont pourtant repris dès le lendemain, cette fois directement avec Gérard Lopez. Jeremy Green et ses associés cherchent désormais un modèle viable en Régional 1.
Ce changement est décisif. Un budget construit pour une équipe engagée dans une compétition nationale ne peut pas être simplement transposé en Régional 1. Les recettes et les charges ne s’y équilibrent pas de la même manière. Le retour de Park Bench dans les négociations ne signifie donc ni qu’un accord est signé ni que la menace judiciaire a disparu.
Le poids du plan de continuation

Le principal obstacle tient aux 26 millions d’euros de dettes inscrits dans le plan de continuation, dont le remboursement est étalé sur dix ans. Pour rendre une reprise soutenable, plusieurs pistes sont examinées. Elles portent notamment sur le loyer du Stade Atlantique, l’échéancier du plan, une créance détenue par Fortress et le contentieux opposant le club à Vladimir Petkovic et Antonio Manicone.
La créance restant à Fortress est évaluée à 2,5 millions d’euros. De leur côté, l’ancien entraîneur et son adjoint réclament ensemble 15 millions d’euros dans leur procédure prud’homale. Ces dossiers pèsent sur les calculs des candidats à la reprise.
Une partie des ajustements envisagés exigerait une modification substantielle du plan de continuation. Gérard Lopez reste alors un interlocuteur central : il lui reviendrait de porter une telle demande. Un repreneur doit aussi composer avec les obligations héritées des exercices précédents.
Ce que change la situation sportive

L’exclusion des championnats nationaux a déplacé tout le dossier. Dans sa communication sur la décision de la DNCG du 30 juin, le club rappelait la sanction visant la saison 2026-2027. Début septembre, il contestait encore l’issue devant les instances fédérales dans un communiqué détaillant sa position après la réunion du Comité exécutif. Le projet de reprise initial reposait sur une autre perspective sportive.
À présent, Park Bench envisage un scénario régional, qui oblige à reprendre les calculs depuis le début. Il faut financer la saison, maintenir l’activité et respecter les engagements du plan tout en tenant compte de recettes potentiellement moindres. La dette occupe donc les discussions autant que le changement de propriétaire.
Un rendez-vous jeudi, sans issue acquise
Les dirigeants doivent faire un point d’information jeudi 17 septembre à 17 heures devant le tribunal de commerce de Bordeaux. L’état des discussions devrait y être évoqué. Il ne faut pas confondre ce rendez-vous avec l’annonce d’un accord définitif : la reprise reste à négocier et les conditions financières demeurent lourdes. Pour le club, le temps compte pourtant. Faute de solution viable, la liquidation judiciaire de la société des Girondins redeviendrait une perspective difficile à écarter.
La situation tient désormais à une équation très concrète : trouver un repreneur, ajuster les dettes et financer un club privé de compétition nationale. La reprise des échanges ouvre une possibilité après le retrait annoncé de Park Bench. Elle ne constitue pas encore un sauvetage.
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