Au 91 cours d’Albret, l’Hôtel Saint-Marc se distingue par une silhouette basse, centrée sur une rotonde coiffée d’un dôme. Construit au début des années 1780 puis acquis par un collectionneur pour abriter sa galerie de tableaux, il fut vendu aux Hospices civils en 1861. Toujours propriété du CHU de Bordeaux, ce monument classé conserve des boiseries attribuées à Cabirol et un jardin planté de magnolias.

Une maison transformée pour montrer une collection
Le premier commanditaire, Monsieur Dufour, fait construire l’hôtel entre 1782 et 1784, peut-être avec l’intervention de Louis Combes. Le marquis de Saint-Marc rachète ensuite la demeure et la fait adapter pour ses tableaux. La résidence devient un écrin d’exposition autant qu’un lieu d’habitation, avec une grande salle tournée vers le jardin.
Des collaborateurs de Victor Louis participent vraisemblablement aux remaniements. La façade sur cour s’organise autour d’un porche circulaire engagé dans le bâtiment. Dix colonnes soutiennent le dôme de pierre, tandis que le vestibule conduit vers l’ancienne galerie. Ce dispositif met le visiteur en condition avant même l’accès aux œuvres.
Une architecture basse pensée autour de la rotonde
Contrairement aux hôtels élevés sur plusieurs étages, Saint-Marc développe une composition horizontale. Les logements prennent place de part et d’autre de la grande salle, au-dessus d’un sous-sol voûté destiné aux cuisines et aux services. La rotonde forme le pivot entre cour, vestibule, galerie et jardin, donnant une grande clarté au plan.
Côté jardin, une colonnade de quatre colonnes prolonge la salle d’exposition vers la verdure. La notice officielle de l’ancien Hôtel Saint-Marc décrit cet agencement et rappelle le classement prononcé dès 1921. L’édifice figure ainsi parmi les hôtels bordelais protégés de longue date.

Des Hospices civils au CHU de Bordeaux
En 1861, la propriété est vendue aux Hospices civils. Elle accueille ensuite différents services, notamment la médecine du travail et un centre de prévention destiné aux sportifs. L’usage hospitalier a maintenu l’hôtel dans le patrimoine public de santé, même lorsque les fonctions ont changé.
Le CHU reste aujourd’hui propriétaire et envisage une restauration permettant d’accueillir des manifestations professionnelles ou culturelles. Une telle reconversion pourrait redonner une visibilité à la galerie, aux boiseries et au jardin. Pour situer l’institution propriétaire et ses missions patrimoniales, le site du CHU de Bordeaux retrace l’histoire de l’établissement et de ses sites.
Un dôme discret à repérer dans la perspective
L’hôtel ne se visite pas librement. Depuis le cours d’Albret, la rotonde et son dôme constituent le principal repère. Il faut se placer dans l’axe de l’entrée pour comprendre la symétrie et deviner la grande salle au-delà du vestibule. La composition joue davantage sur la profondeur que sur la hauteur.
Le jardin aux magnolias, les boiseries de Cabirol et l’ancienne galerie donnent au lieu une dimension intime, éloignée du tumulte du cours. Une promenade peut relier l’Hôtel de Poissac, l’Hôtel de Basquiat et Saint-Marc : trois réponses très différentes à la relation entre cour, logement et espace planté.
Son avenir dépendra de la capacité à trouver un usage compatible avec des volumes conçus pour les tableaux et la réception. L’Hôtel Saint-Marc possède déjà l’essentiel : un plan singulier, une mémoire hospitalière et un décor suffisamment fort pour redevenir un lieu de rencontres sans perdre le calme qui fait son identité.
La galerie de tableaux a disparu en tant que collection, mais son architecture conserve l’idée du regard organisé. Le visiteur devait franchir le porche, traverser le vestibule puis découvrir les œuvres dans une salle ouverte sur le jardin. Cette mise en scène reste pertinente pour de futurs événements culturels. Elle offre un cadre déjà conçu pour la contemplation, à condition de préserver la lumière, les axes et les boiseries dans la durée.
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