Nouveau tournant judiciaire pour l’empire de Michel Ohayon. La cour d’appel de Bordeaux a rejeté le plan de redressement proposé par la Financière immobilière bordelaise, holding centrale du groupe. Le dossier revient désormais devant le tribunal de commerce pour l’élaboration d’un nouveau plan, dans un contexte financier très tendu. Pour Bordeaux, cette affaire reste l’un des feuilletons économiques et judiciaires les plus suivis de ces dernières années.

Un plan de redressement rejeté en appel
La cour d’appel de Bordeaux a rejeté le plan de redressement présenté par la Financière immobilière bordelaise, plus connue sous le sigle FIB. Cette holding, créée par Michel Ohayon, constitue la structure centrale d’un ensemble de sociétés actives dans l’immobilier, l’hôtellerie et le commerce.
Le dossier est lourd : les créances déclarées auraient atteint un montant compris entre 1,4 et 1,7 milliard d’euros, même si une partie de ces sommes est contestée par les dirigeants. Le plan proposé prévoyait un effort massif demandé à certains créanciers, avec plus d’un milliard d’euros d’abandons de créances.
Pourquoi la décision compte pour Bordeaux
Michel Ohayon est une figure connue du monde économique bordelais. Son groupe a longtemps été associé à des actifs emblématiques, notamment dans l’hôtellerie de luxe et le commerce. La crise de plusieurs enseignes reprises par le groupe, puis les procédures collectives ouvertes depuis 2023, ont progressivement fragilisé l’ensemble.
Pour comprendre le cadre général de ce type de procédure, le portail officiel Service-public.fr rappelle les principes du redressement judiciaire. Le sujet concerne ici une holding et un groupe complexe, avec de nombreuses filiales, des créanciers aux statuts différents et des actifs dont la valeur fait débat.

Un retour devant le tribunal de commerce
La cour d’appel n’a pas prononcé de liquidation immédiate. Elle renvoie l’affaire devant le tribunal de commerce afin qu’un nouveau plan puisse être travaillé dans les conditions du droit commun. Cette nuance est importante : le plan actuel est refusé, mais une nouvelle proposition reste juridiquement possible.
La fenêtre paraît toutefois étroite. La période d’observation, normalement limitée dans le temps, a déjà été prolongée de manière inhabituelle. La question centrale devient donc simple : la FIB peut-elle convaincre sur un plan crédible, acceptable pour les créanciers et compatible avec la valeur réelle de ses actifs ?
Le spectre de la liquidation reste présent
La liquidation n’est pas actée, mais elle reste une hypothèse possible si aucun plan viable n’émerge. Dans ce type de situation, le tribunal, le parquet, les administrateurs ou les mandataires peuvent jouer un rôle dans la suite de la procédure. Les annonces et décisions relatives aux entreprises en procédure collective peuvent notamment être suivies via le Bodacc.
Les dirigeants de la FIB disent vouloir présenter rapidement un nouveau plan et contestent certains montants déclarés. Ils misent aussi sur une réévaluation du passif et des actifs. Mais le rapport entre les dettes revendiquées, la valeur liquidative estimée et la capacité à poursuivre l’activité restera au cœur du dossier.

Un dossier emblématique de l’économie bordelaise
Au-delà du cas personnel de Michel Ohayon, cette affaire illustre les risques d’un développement rapide financé par la dette. Hôtels, commerces, enseignes nationales, sociétés immobilières : l’ensemble a constitué un empire puissant, mais vulnérable lorsque les difficultés se sont accumulées.
Pour Bordeaux, le dossier reste sensible car il touche à des actifs connus, à des emplois, à des créanciers et à l’image d’un groupe longtemps présenté comme une réussite locale. La prochaine étape devant le tribunal de commerce dira si la FIB peut encore trouver une voie de redressement ou si l’affaire bascule vers une issue plus radicale.
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