Entre le lac de Léon et l’océan Atlantique, le courant d’Huchet traverse neuf kilomètres de marais, de dunes et de forêt-galerie. Cette réserve naturelle des Landes, surnommée la petite Amazonie landaise, se découvre à pied ou à bord d’une galupe guidée par un batelier. À moins de deux heures de Bordeaux, l’escapade offre un changement de décor spectaculaire et permet d’observer une biodiversité remarquable.

Un fleuve côtier de neuf kilomètres au cœur des Landes
Le courant d’Huchet prend naissance sur la rive occidentale du lac de Léon avant de chercher son chemin jusqu’à l’océan, au niveau de Moliets-et-Maâ. Son nom vient du gascon « uishet », qui signifie « exutoire ». Sur neuf kilomètres, ce petit fleuve côtier relie deux univers : les eaux calmes du lac landais et la puissance des vagues atlantiques.
Le site conserve une particularité rare : il s’agit du dernier cours d’eau du golfe de Gascogne dont l’embouchure n’est pas endiguée. Le sable, les marées et les mouvements de l’eau continuent donc à modeler naturellement sa sortie vers la mer. La partie occidentale du lac et le courant sont protégés au sein d’une réserve naturelle nationale.
Une forêt-galerie surnommée petite Amazonie landaise
Le décor change rapidement lorsque l’on quitte le lac. Les pins maritimes laissent place à une végétation plus dense, où les branches se rapprochent au-dessus de l’eau. Marais, tourbières, dunes, aulnaies marécageuses et zones humides se succèdent. Cette atmosphère enveloppante explique le surnom de petite Amazonie landaise, même si l’écosystème reste bien celui du littoral du Sud-Ouest.

La diversité des milieux accueille une faune particulièrement riche. Les inventaires mentionnent environ 40 espèces de mammifères et 270 espèces d’oiseaux, mais aussi des amphibiens, reptiles, poissons, libellules et papillons. Avec de la patience, les visiteurs peuvent rechercher la loutre, la genette, la cistude d’Europe ou la discrète fauvette pitchou, sans quitter les sentiers ni déranger les animaux.
Explorer le courant d’Huchet à pied
La découverte peut commencer à la Maison de la réserve naturelle du courant d’Huchet, installée sur les berges du lac de Léon. Elle présente les milieux protégés et renseigne sur les itinéraires accessibles. Plusieurs balades partent également du parking de Pichelèbe, à Moliets-et-Maâ.
Les parcours vont d’une courte promenade d’environ quinze minutes à des randonnées proches de trois heures. Certains rejoignent l’océan, d’autres conduisent vers des cyprès chauves centenaires ou un chêne-liège âgé de plus de 400 ans. Les conditions peuvent varier selon la météo et le niveau de l’eau : mieux vaut vérifier les recommandations de la réserve avant le départ.

Embarquer sur une galupe avec les bateliers
L’expérience la plus emblématique consiste à monter dans une galupe, la barque traditionnelle conduite à la rame par les bateliers locaux. Cette navigation silencieuse permet de pénétrer dans la forêt-galerie sans moteur et d’écouter les explications sur la formation du courant, la végétation et les espèces observées.
Les sorties sont organisées par les Bateliers du courant d’Huchet. Une réservation est recommandée en période estivale, car le nombre de places reste limité. Le lac de Léon complète la journée avec deux plages, des activités nautiques non motorisées et le village accessible à quelques minutes à vélo.
Une escapade nature à préparer avec attention
Chaussures adaptées, eau, protection solaire et répulsif contre les moustiques sont utiles selon la saison. Surtout, la visite doit rester discrète : ne rien cueillir, ne pas quitter les chemins balisés et remporter ses déchets. Dans un espace aussi fragile, la beauté du voyage dépend directement du respect accordé au lieu.
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