Quatorze communes de Bordeaux Métropole restent sous la barre de 25 % de logements sociaux dans l’inventaire arrêté au 1er janvier 2025. Bordeaux affiche 20,38 %, Bouliac 6,16 %. Ces deux taux racontent des situations très différentes, mais une même difficulté : produire des logements accessibles assez vite pour suivre l’évolution du parc résidentiel. Le seuil ne résume ni les besoins des habitants ni les efforts déjà engagés.
Logements sociaux : Bordeaux progresse, sans atteindre 25 %
La ville de Bordeaux totalise 28 912 logements sociaux, soit 20,38 % de ses résidences principales. Elle en comptait 27 779 trois ans plus tôt. Le gain de 1 133 logements est réel ; le taux, lui, n’a avancé que de 19,57 % à 20,38 %. Le calcul dépend aussi du nombre total de résidences principales : construire du logement social ne fait pas mécaniquement grimper sa part au même rythme.
Le contraste est net avec d’autres communes de la métropole. Lormont atteint 45,68 %, Floirac 39,45 %, Cenon 34,66 % et Pessac 31,78 %. Ce paysage inégal explique l’objectif de répartition poursuivi par l’article 55 de la loi SRU, qui fixe les obligations communales. Le seuil est calculé commune par commune, pas à l’échelle globale de Bordeaux Métropole.

De Bouliac à Gradignan, des écarts considérables
Parmi les 25 communes métropolitaines concernées par l’inventaire, 14 restent sous 25 %. Trois s’en approchent : Gradignan à 24,63 %, Villenave-d’Ornon à 24,57 % et Ambarès-et-Lagrave à 24,45 %. Mérignac atteint 23,10 %, Bruges 22,61 %, Le Haillan 21,91 %, Le Bouscat 21,57 %. Parempuyre se situe à 20,19 % et Saint-Médard-en-Jalles à 19,92 %.
Plus bas dans le classement figurent Martignas-sur-Jalle à 16,45 %, Saint-Aubin-de-Médoc à 15,07 % et Le Taillan-Médoc à 14,74 %. Bouliac ferme la marche à 6,16 %, avec 73 logements sociaux recensés. Comparer ces communes impose toutefois de regarder les volumes autant que les pourcentages : la taille du parc résidentiel n’est pas la même d’une ville à l’autre.

Sous le seuil ne signifie pas automatiquement « carencée »
Le mot a un sens administratif précis. Une commune sous l’objectif doit suivre une trajectoire de rattrapage ; elle peut être soumise à un prélèvement. La carence, elle, résulte d’une décision préfectorale lorsque les objectifs fixés sur une période de trois ans ne sont pas respectés. Pour la période 2023-2025, l’inventaire signale deux communes carencées dans la métropole : Bouliac et Saint-Aubin-de-Médoc. Il serait donc inexact d’appliquer ce qualificatif aux 14 villes sous le seuil.
La situation continue d’évoluer. Bordeaux Métropole indique avoir autorisé 2 427 logements sociaux en 2025, dont 73 % dans les communes qui en manquent. Ces autorisations représentent 81 % de son objectif annuel, mais elles ne correspondent pas à autant de logements déjà livrés et comptabilisés au 1er janvier 2025. Le décalage entre décision et livraison compte lorsqu’on lit les statistiques.
La comparaison avec 2022 révèle aussi des trajectoires moins évidentes qu’un simple classement. Le Bouscat gagne 1,21 point, Saint-Médard-en-Jalles 0,78 point ; Mérignac recule légèrement, de 23,32 % à 23,10 %, malgré 8 532 logements sociaux. Le taux SRU photographie un stock : il peut baisser si le nombre de résidences principales augmente plus vite que celui des logements sociaux. Trois années d’écart ne suffisent pas, à elles seules, à juger une politique municipale sur le temps long.

Ces chiffres proviennent d’un inventaire national des communes soumises à la loi SRU. Ils mesurent un parc à une date donnée, sans renseigner les loyers réellement payés, les logements vacants ni l’attente des ménages. Pour Bordeaux et ses voisines, ils montrent surtout où se situe l’effort de rattrapage — et combien il diffère d’une commune à l’autre.
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