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Touton à Bordeaux : vingt salariés concernés par le transfert du café vers Londres

Une activité historique du négoce bordelais change de centre de décision. Chez Touton, à Bordeaux, vingt des vingt-deux salariés de la branche café ont reçu une proposition de modification de leur contrat dans le cadre d’un transfert de l’activité vers Londres, au sein de Volcafe. Cette réorganisation intervient quelques mois après le rachat du groupe par Hartree Partners et pose directement la question du devenir des compétences conservées au siège girondin.

Chez Touton à Bordeaux, le café change de pilotage

Les courriers adressés le 21 septembre concernent vingt salariés du siège installé rue René-Magne. Des propositions de nouveaux postes, notamment dans le négoce du cacao, leur ont été faites. Ce changement de métier distingue la réorganisation d’un simple déménagement de bureaux : les personnes concernées travaillent sur un marché dont l’activité doit désormais être regroupée dans une autre entité du même actionnaire.

Vingt salariés de la branche café du siège bordelais sont concernés par une réorganisation qui regroupe cette activité au sein de Volcafe, à Londres.

Volcafe appartient au périmètre d’ED&F Man, acquis par Hartree en juillet 2025. En intégrant aussi Touton, le groupe américain a réuni plusieurs activités agricoles auparavant distinctes. Le café bordelais rejoint ainsi une plateforme spécialisée déjà présente à l’international. Le mouvement porte sur l’organisation du négoce ; il ne signifie pas, à lui seul, la disparition de toutes les activités de Touton à Bordeaux.

L’entreprise emploie environ 140 personnes dans la ville. Le périmètre des vingt postes concernés ne doit donc pas être confondu avec l’ensemble de son effectif local. Le sort individuel des salariés dépend des suites données aux propositions reçues. Aucun nombre définitif de départs du siège ne peut être déduit des seuls courriers de modification de contrat.

Un rachat finalisé au printemps

Hartree et Touton ont annoncé le 2 avril 2026 la finalisation de l’acquisition, après consultation des représentants du personnel. Leur communiqué sur le rapprochement des activités agricoles présentait déjà les compétences café de Touton comme complémentaires de celles de Volcafe. La réunion des deux métiers était donc inscrite dans la logique industrielle de l’opération.

Le texte annonçait alors le maintien de la marque Touton, de ses relations commerciales et de sa structure opérationnelle, avec un objectif de continuité pour les collaborateurs. La réorganisation du café donne aujourd’hui une traduction concrète au rapprochement. Entre l’annonce d’un groupe élargi et les propositions reçues par les équipes, l’enjeu se mesure désormais poste par poste, au siège bordelais.

Le négoce demeure, ses équilibres se déplacent

Fondée en 1848, Touton intervient dans le cacao, le café, la vanille et les épices. L’entreprise ne se contente pas d’acheter et de revendre : elle organise l’approvisionnement, finance des campagnes d’achat et accompagne des chaînes logistiques reliant producteurs et industriels. Ce savoir-faire explique le poids d’un centre de décision, même lorsque les marchandises ne transitent pas physiquement par ses bureaux.

Dans son bilan de durabilité et de performance 2025-2026, publié en octobre, le groupe décrit une année de transformation, marquée par son intégration à Hartree et une nouvelle organisation dirigeante. Il fait état de plus de 400 000 tonnes de cacao, café et ingrédients traitées, dans un contexte de prix fluctuants et de besoins de financement élevés.

Touton conserve plusieurs métiers agricoles, dont le cacao, la vanille et les épices, alors que son organisation du négoce de café évolue.

Ces volumes donnent la mesure d’une entreprise toujours active sur les marchés internationaux. Ils ne répondent pas à la question sociale ouverte à Bordeaux : combien des salariés du café resteront dans le groupe, et dans quelles fonctions ? Le transfert vers Londres concentre cette activité, tandis que les autres métiers bordelais poursuivent leur trajectoire.

Pour les équipes concernées, la prochaine étape se joue dans les réponses aux propositions de postes. Pour Bordeaux, elle touche à la place que conserve la ville dans un négoce agricole de plus en plus regroupé entre quelques plateformes internationales.

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