La sélection départementale du Loto du patrimoine 2026 vient d’être dévoilée. En Nouvelle-Aquitaine, douze monuments bénéficieront du dispositif porté par la Mission Patrimoine, parmi lesquels le château de Salles en Gironde. Chais d’abbaye, cinéma, églises, grange et demeures historiques racontent une région aux héritages multiples, où chaque restauration doit aussi préparer une nouvelle vie pour le lieu. Une reconnaissance décisive pour sauver des bâtiments fragiles et soutenir leurs territoires.
Le château de Salles représente la Gironde
Pour les lecteurs bordelais, le lauréat le plus proche se trouve au cœur du Val de l’Eyre. Édifié entre 1657 et 1659 par la famille de Pontac, le château de Salles conserve ses caves voûtées, son escalier monumental et l’organisation générale de son ancien domaine. La commune l’a acquis en 2022 après une longue période d’abandon qui avait profondément fragilisé le bâtiment.
Les premières interventions ont permis de sécuriser l’ensemble et de le mettre provisoirement hors d’eau. La prochaine étape concernera notamment les toitures les plus dégradées afin de protéger les charpentes restantes. Le chantier est évalué à plus d’un million d’euros. Une collecte complète l’aide attendue : il est possible de suivre la restauration et soutenir directement le château de Salles.

Douze départements, douze patrimoines très différents
La liste régionale dessine une véritable carte de voyage. En Charente, les anciens chais de l’abbaye de Bassac ont été choisis. La Charente-Maritime défend le studio Alhambra de Rochefort, tandis que la Corrèze compte sur le château de Turenne. Dans la Creuse, le château de Pontarion rejoint la sélection ; en Dordogne, c’est l’église Saint-Jean de Vergt.
Plus au sud, les Landes voient le château Dentomas de Lévignacq distingué. Le Lot-et-Garonne sera représenté par le château de Bonaguil à Saint-Front-sur-Lémance, et les Pyrénées-Atlantiques par l’église Notre-Dame de Sarrance. La grange du logis de la Touche Salboeuf à Mauléon, le château de la Séguinière à Savigny-L’Evescault et le château de la Cosse à Veyrac complètent cette sélection en Deux-Sèvres, Vienne et Haute-Vienne.

Fort Boyard bénéficie d’un soutien à part
À ces douze projets départementaux s’ajoute Fort Boyard, déjà désigné au printemps comme site emblématique de la Nouvelle-Aquitaine. Le monument maritime subit de plein fouet les assauts de l’océan. Sa restauration doit sécuriser les structures et préparer une ouverture au public annoncée à l’horizon 2028. Le Département présente les enjeux du chantier de Fort Boyard et sa sélection régionale.
Cette double mécanique permet au dispositif d’aider à la fois un monument emblématique par région et des lieux plus discrets dans les départements. Le montant attribué à chacun des cent projets départementaux sera annoncé ultérieurement. Le soutien ne se limite toutefois pas à une enveloppe : la sélection offre une visibilité nationale et peut accélérer les dons, les partenariats et la mobilisation bénévole.

À Salles, un futur lieu culturel et citoyen
Le projet girondin illustre précisément l’effet recherché. Une fois restauré, le château doit accueillir une médiathèque, des espaces associatifs, des expositions dans les caves et des manifestations culturelles. Son jardin sera également rendu accessible au public. Des artisans spécialisés et des chantiers d’insertion pourraient participer aux travaux, associant ainsi sauvegarde patrimoniale, formation et emploi local.
La neuvième édition rappelle enfin que le patrimoine régional ne se résume pas aux monuments déjà ouverts et parfaitement restaurés. Derrière chaque nom de la liste se trouve un bâtiment vulnérable, mais aussi un projet d’usage. Pour la Gironde, cette reconnaissance donne au château de Salles une chance supplémentaire de redevenir un repère vivant du Val de l’Eyre.
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