ActuNews

Dans le Médoc, la forêt et la ressource en eau au centre de nouvelles expérimentations

Dans les forêts communales de Sainte-Hélène, Hourtin et Carcans, plusieurs expérimentations cherchent à retenir davantage l’eau et à préparer les peuplements au changement climatique. Le projet « Eaux et Forêts », lancé en 2023 par l’Office national des forêts, teste la restauration de fossés et de lagunes, le suivi des nappes et le mélange d’essences. Une visite de terrain est organisée vendredi 16 octobre.

Le massif des Landes de Gascogne doit composer avec des sécheresses plus fréquentes, des incendies puissants et des événements extrêmes. La gestion forestière ne peut donc plus être pensée uniquement à l’échelle de la production de bois. Le fonctionnement hydraulique des sols, des zones humides et des nappes devient un facteur direct de résistance des arbres et des milieux.

Les essais conduits dans le Médoc ne prétendent pas fournir une solution unique. Ils comparent plusieurs pratiques sur des sites pilotes, avec des sols, des peuplements et des circulations d’eau différents. L’objectif est d’identifier ce qui peut ensuite être reproduit, adapté ou abandonné sur d’autres secteurs forestiers.

À Sainte-Hélène, la restauration d’une craste doit ralentir les écoulements et mieux conserver l’eau dans le milieu forestier.

Ralentir l’eau plutôt que l’évacuer trop vite

À Sainte-Hélène, les travaux portent sur une craste, c’est-à-dire un fossé de drainage forestier, près de l’étang de la Levade. L’expérimentation vise à ralentir les écoulements et à retenir plus longtemps l’eau dans le milieu. Ce changement peut favoriser la recharge locale et limiter l’assèchement rapide des sols.

À Carcans, le site de Pipeyrous accueille des travaux de création de lagunes forestières et de restauration du fonctionnement hydraulique, à proximité du lac. Les zones humides jouent un rôle de réservoir et d’habitat. Leur état influence la biodiversité, mais aussi la capacité du paysage à amortir les périodes sèches et les pluies intenses.

Cinq essences testées ensemble à Hourtin

Une parcelle expérimentale de cinq hectares associe pin maritime, pin parasol, bouleau verruqueux, chêne rouge et chêne-liège. Installée en 2022 avec INRAE dans le cadre du projet européen Formix, elle doit mesurer les complémentarités entre feuillus et résineux. Le mélange pourrait réduire la vulnérabilité d’un peuplement uniforme, mais ses effets devront être observés sur plusieurs années.

Entre 2020 et 2024, plus de 70 parcelles expérimentales ont été créées sur 180 hectares en Nouvelle-Aquitaine. Elles forment un réseau destiné à comparer les réponses des arbres aux chaleurs, au manque d’eau et aux maladies. L’Office national des forêts présente ses travaux sur l’adaptation au climat.

À Hourtin, cinq hectares réunissent pins, bouleau et chênes afin d’étudier les complémentarités entre plusieurs essences forestières.

467 000 euros de soutiens publics annoncés

La Région accompagne le projet à hauteur de plus de 357 000 euros. L’Agence de l’eau Adour-Garonne apporte 110 000 euros supplémentaires. Les financements couvrent les aménagements, le suivi scientifique et l’évaluation des résultats, indispensables avant d’envisager un déploiement plus large.

Le projet associe les collectivités, les gestionnaires, des partenaires scientifiques et les acteurs locaux. Cette coopération est nécessaire, car une intervention sur les écoulements peut produire des effets en aval ou sur des parcelles voisines. L’Agence de l’eau Adour-Garonne documente les enjeux de gestion quantitative et de préservation des milieux aquatiques.

La Région mobilise plus de 357 000 euros et l’Agence de l’eau 110 000 euros pour les aménagements et leur suivi.

Des résultats attendus sur le temps long

Une forêt ne se transforme pas à l’échelle d’une saison. La croissance des essences, la recharge des nappes et le retour de la biodiversité doivent être suivis sur plusieurs années. Les résultats dépendront aussi de la succession réelle des sécheresses, des tempêtes et des incendies.

Dans le Médoc, ces sites servent donc de laboratoires à ciel ouvert. L’enjeu est de passer de l’expérimentation à des pratiques vérifiables, adaptées à chaque contexte plutôt que reproduites mécaniquement. Si les dispositifs améliorent réellement la rétention de l’eau et la résilience des peuplements, ils pourront guider la gestion d’autres forêts du massif.

À lire aussi : Franck Chaumès, restaurateur à Bordeaux, prend la présidence nationale de l’UMIH

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page