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Phare de Cordouan : les derniers gardiens de la mer sont-ils menacés ?

Symbole du patrimoine maritime français, le phare de Cordouan pourrait voir son gardiennage remis en question. Une hypothèse qui inquiète ceux qui veillent, toute l’année, sur ce monument unique.

À l’entrée de l’estuaire de la Gironde, le Phare de Cordouan se dresse depuis plus de quatre siècles face à l’océan. Surnommé le « Versailles des mers », il est aujourd’hui le seul phare en mer encore habité en France. Quatre gardiens s’y relaient pour qu’un duo soit présent en permanence, été comme hiver. Mais cette présence continue pourrait bientôt être fragilisée.

Le phare de Cordouan, « Versailles des mers », unique en mer, pourrait bientôt perdre ses gardiens. ©Vedettes la Bohème

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 2021, Cordouan attire chaque année entre 20 000 et 25 000 visiteurs, principalement entre avril et septembre. Ce sont les gardiens qui assurent les visites, l’entretien du site et les réparations après les tempêtes. Le reste de l’année, ils deviennent de véritables sentinelles, protégeant l’édifice des assauts de la mer… et des intrusions.

Face à la baisse des subventions publiques et aux difficultés financières, des pistes d’économies sont actuellement étudiées. Parmi elles, la suppression du gardiennage pendant une partie de l’année, même si l’État assure qu’aucune décision n’est prise à ce stade. Une perspective qui fait bondir Jean-Marie Calbet, président de l’association des phares de Cordouan et Grave. Pour lui, la présence humaine est indispensable, d’autant que le phare est facilement accessible par bateau lorsque la météo est clémente.

« On chipote pour deux gardiens en hiver », déplore-t-il, rappelant que dix millions d’euros ont été investis ces dernières années pour restaurer le monument. À ses yeux, les 200 000 euros annuels consacrés au gardiennage sont un faible prix à payer pour préserver un joyau que le monde entier envie.

Au-delà des chiffres, c’est une question de sens qui se pose : peut-on vraiment imaginer Cordouan sans ceux qui, jour et nuit, veillent sur sa lumière ?

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