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Le RER bordelais prépare des trains deux fois plus capacitaires et modernise plusieurs gares

Le RER métropolitain bordelais prépare une nette augmentation de sa capacité. Trois rames Alstom à deux niveaux doivent circuler sur l’axe Libourne–Bordeaux–Arcachon, avec 660 places au lieu de 330. Dans plusieurs gares, les quais sont allongés ou rehaussés pour accueillir ces trains. Le projet vise, à terme, une desserte toutes les trente minutes sur chaque ligne, mais les principaux travaux se poursuivront jusqu’en 2030 et au-delà.

Des rames deux fois plus capacitaires sur l’axe le plus fréquenté

La ligne reliant Libourne à Arcachon via Bordeaux concentre une grande partie des investissements visibles. Trois nouvelles rames à étage construites par Alstom doivent y être engagées. Elles offriront 660 places chacune, contre environ 330 pour le matériel actuel. Ce doublement répond à une fréquentation qui progresse sur l’ensemble du réseau TER. La Région comptabilisait environ 105 000 voyageurs quotidiens en 2025 et vise 120 000 déplacements par jour à l’horizon 2030.

Ces trains sont plus longs que les rames actuellement utilisées, ce qui oblige à adapter les gares. À Saint-Loubès, le quai atteint désormais 166 mètres. La hausse de fréquentation attendue y est estimée à 256 % entre 2019 et 2030. À Saint-Sulpice-Izon, la progression envisagée atteint 215 %. Les travaux achevés dans ces deux gares permettent d’anticiper une demande qui ne pourrait pas être absorbée par les quais et les trains actuels.

Les quais allongés permettront d’accueillir des rames à deux niveaux offrant deux fois plus de places sur l’axe Libourne Bordeaux Arcachon

Bassens et Vayres adaptent leurs quais

Les chantiers se poursuivent à Bassens et à Vayres. Les deux haltes doivent recevoir le nouveau matériel plus long, avec des interventions sur les quais, les accès et l’accueil des voyageurs. Vayres doit rouvrir en septembre 2026 après six mois de travaux commencés en avril. Ces opérations peuvent paraître modestes face aux grands projets ferroviaires, mais elles sont indispensables : une rame de 660 places ne peut être exploitée correctement si les voyageurs ne disposent pas d’un quai suffisamment long et accessible.

Le nouveau matériel annonce aussi une évolution environnementale et fonctionnelle. Alstom indique une consommation d’énergie réduite de 20 % par rapport à la génération précédente et un taux de recyclabilité proche de 90 %. Chaque rame comportera une voiture dédiée aux usagers en fauteuil roulant. Ces caractéristiques doivent améliorer l’accessibilité tout en limitant l’augmentation de la consommation liée au doublement de capacité.

Bassens, Vayres, Saint-Loubès et Saint-Sulpice-Izon adaptent leurs infrastructures pour recevoir le nouveau matériel ferroviaire à deux niveaux –

Au sud de Bordeaux, un chantier à près de 900 millions d’euros

Le volet le plus lourd se situe entre Bègles et Saint-Médard-d’Eyrans. Les Aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux prévoient une troisième voie sur douze kilomètres, la suppression de six passages à niveau et la création de quatre pôles d’échanges multimodaux à Bègles, Villenave-d’Ornon, Cadaujac et Saint-Médard-d’Eyrans. Six kilomètres de caténaires nouvelles et 1,5 kilomètre de voies renouvelées sont déjà posés. Un pont routier franchit également les rails à Villenave-d’Ornon.

La livraison complète est annoncée pour 2032. Le coût approche 900 millions d’euros, financés à 20 % par l’Union européenne, 40 % par l’État et 40 % par les collectivités réunies au sein de la société de projet GPSO. Bordeaux Métropole prévoit 354 millions d’euros étalés sur quarante ans, soit 8,85 millions par an. Ces montants placent le RER dans un ensemble ferroviaire plus vaste qui comprend aussi la future ligne à grande vitesse vers Toulouse et l’Espagne.

La création d’une troisième voie au sud de Bordeaux doit séparer davantage les circulations et renforcer la régularité des trains du quotidien –

Un train toutes les trente minutes reste l’objectif de 2030

Le projet bordelais est né en 2018 d’un accord entre la Région Nouvelle-Aquitaine et Bordeaux Métropole. L’État a rejoint le financement en 2020, puis le Département en 2022. Cette même année, la Région a engagé 170 millions d’euros supplémentaires pour étendre la desserte du Médoc. L’objectif final demeure une fréquence d’un train toutes les trente minutes sur chaque ligne, associée à des liaisons traversantes permettant de franchir Bordeaux sans changement systématique à Saint-Jean.

Le calendrier montre toutefois que la transformation sera progressive. Certaines rames et gares évoluent dès 2026, alors que les travaux du sud se prolongeront jusqu’en 2032. Les voyageurs peuvent suivre les perturbations sur le site TER Nouvelle-Aquitaine et consulter la présentation du RER métropolitain par Bordeaux Métropole. La capacité augmentera avant que l’ensemble du réseau atteigne son fonctionnement cible.

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