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À Saint-Médard-en-Jalles, la collecte des mégots rapporte jusqu’à 35 000 euros par an

À Saint-Médard-en-Jalles, un déchet minuscule est devenu un véritable sujet de politique locale. Première commune girondine à contractualiser avec l’éco-organisme Alcome, la ville peut percevoir jusqu’à 35 000 euros par an pour financer la lutte contre les mégots abandonnés. Une action qui associe propreté urbaine, prévention des incendies et recyclage, sur un territoire particulièrement boisé. En 2025, plus de 264 000 filtres ont ainsi été récupérés dans les bornes municipales.

À Saint-Médard-en-Jalles, les bornes de collecte ciblent les lieux où les mégots s’accumulent afin de limiter pollution et départs de feu. – Crédit : Pexels

Plus de 264 000 mégots récupérés en une année

Le bilan donne une idée très concrète de l’ampleur du problème. En 2025, les services municipaux ont collecté 264 706 mégots, soit environ 45 kilos, grâce aux bornes installées dans différents points de la commune. Ces équipements sont placés en priorité dans les « hotspots », ces secteurs où les agents constatent une accumulation régulière de filtres jetés au sol.

La mairie agit sur ce sujet depuis 2021. Les bornes ne constituent qu’une partie du dispositif : elles sont accompagnées de campagnes de sensibilisation, d’interventions auprès de différents publics et d’un travail de la police municipale contre les comportements les plus manifestes. Les habitants peuvent retrouver le détail des actions menées contre les mégots sur la page dédiée de la Ville.

Une aide financée par les fabricants de tabac

Saint-Médard-en-Jalles a été la première commune de Gironde à signer un contrat avec Alcome. Cet éco-organisme agréé par l’État est financé par les fabricants de produits du tabac selon le principe de responsabilité élargie du producteur. Son rôle consiste notamment à participer aux coûts supportés par les collectivités pour nettoyer les mégots abandonnés dans l’espace public.

Pour une commune urbaine de la taille de Saint-Médard-en-Jalles, le soutien est calculé en fonction du nombre d’habitants. Il peut ainsi atteindre 35 000 euros chaque année. Cette enveloppe contribue aux dépenses de fonctionnement liées au ramassage, à l’entretien des bornes et aux opérations de prévention. Alcome fournit aussi des cendriers de poche, des éteignoirs et des cendriers de rue. Les collectivités intéressées peuvent consulter les équipements et soutiens financiers proposés aux communes.

Le financement repose sur le principe pollueur-payeur et aide la commune à couvrir une partie du nettoiement ainsi que des actions préventives. – Crédit : Pexels

Un enjeu particulièrement sensible près de la forêt

Dans cette commune dont plus de la moitié du territoire est couverte par la forêt, le mégot ne représente pas seulement une nuisance visuelle. Un filtre mal éteint peut provoquer un départ de feu, tandis que ses composants polluent durablement les sols et l’eau. La prévention s’inscrit donc directement dans la protection du massif forestier médardais.

La municipalité travaille avec le Comité de la Forêt et des Ruisseaux ainsi qu’avec la DFCI. Plus d’une trentaine de panneaux ont été installés dans les allées forestières afin de rappeler le risque d’incendie. Le message est d’autant plus important pendant les périodes sèches, lorsque la végétation devient extrêmement vulnérable au moindre geste imprudent.

Les mégots collectés suivent une filière locale

Une fois récupérés, les déchets sont confiés à Keenat, entreprise implantée à Talence. Leur traitement évite qu’ils soient dispersés dans la nature. Selon leur état et leur niveau d’humidité, une partie peut être valorisée, tandis que les lots ne pouvant pas suivre ce parcours sont orientés vers une autre filière de traitement.

Sur un territoire largement forestier, déposer son mégot dans une borne adaptée protège à la fois les sols, l’eau et les boisements. – Crédit : Pexels

Le résultat médardais montre qu’une politique de propreté peut conjuguer collecte mesurable, financement dédié et prévention locale. Les 35 000 euros ne transforment pas les mégots en ressource lucrative : ils compensent une partie des coûts causés par leur abandon. Le geste déterminant reste donc le plus simple, celui de les éteindre correctement puis de les déposer dans un équipement prévu à cet effet. Une démarche observée bien au-delà de la commune.

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