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La Semaine des métiers du BTP met en lumière les besoins de recrutement régionaux

Du 12 au 16 octobre, la Semaine des métiers du BTP multiplie les visites, démonstrations et rencontres en Nouvelle-Aquitaine. L’opération ne se limite pas à présenter des métiers : elle intervient dans un secteur qui prévoit 13 080 recrutements en 2026 et juge plus de sept projets sur dix difficiles à pourvoir. En Gironde, 4 060 embauches sont annoncées.

Les entreprises du bâtiment et des travaux publics recherchent des profils très divers, du chantier au bureau d’études. Maçonnerie, couverture, électricité, plomberie, conduite d’engins, encadrement ou rénovation énergétique ne mobilisent ni les mêmes diplômes ni les mêmes gestes. La semaine organisée par France Travail veut précisément permettre aux candidats de voir les conditions de travail avant de choisir une formation.

Le calendrier combine des rendez-vous de recrutement et des séquences de découverte. Cette approche répond à une difficulté récurrente : de nombreux candidats connaissent mal la réalité des postes, les possibilités d’évolution ou les passerelles entre spécialités. Une immersion courte peut ainsi confirmer un projet ou éviter une orientation mal préparée.

13 080 projets de recrutement dans la construction

La construction prévoit 13 080 recrutements en Nouvelle-Aquitaine en 2026, dont 4 060 dans le seul département de la Gironde.

L’enquête régionale sur les besoins de main-d’œuvre recense 13 080 projets de recrutement en 2026. La Gironde arrive nettement en tête avec 4 060 projets, devant la Charente-Maritime, les Pyrénées-Atlantiques, la Vienne et la Dordogne. Les emplois saisonniers ne représentent que 6,8 % du total régional.

Le principal signal concerne la difficulté à embaucher. 70,7 % des recrutements sont jugés difficiles par les employeurs. En Creuse, Corrèze et Charente, le taux dépasse même 85 %. Manque de candidats formés, mobilité, conditions physiques, image des métiers ou concurrence entre entreprises expliquent une partie de ces tensions.

Des métiers montrés en situation réelle

La programmation mise sur l’expérience. À Lormont, une matinée a porté sur l’écoconstruction, la rénovation et l’adaptation climatique. À Poitiers, des visiteurs peuvent entrer sur un chantier de réhabilitation puis découvrir un chantier consacré à la gestion des eaux pluviales. En Charente, des ateliers proposent de tester la maçonnerie, la soudure, la peinture et le travail du bois.

Montrer les gestes permet de dépasser les intitulés. Un poste de couvreur, de peintre façadier ou de conducteur d’engins devient plus compréhensible lorsqu’il est présenté par ceux qui l’exercent. Les fiches détaillées des métiers et des formations sont disponibles sur le site de l’Onisep consacré au BTP.

Visites de chantiers et ateliers pratiques permettent aux candidats de découvrir les gestes, les contraintes et les formations avant de postuler.

La transition écologique transforme les compétences

La rénovation thermique, les matériaux biosourcés, le réemploi et la gestion de l’eau modifient les pratiques. Les entreprises doivent recruter et faire évoluer leurs salariés en même temps. Les métiers traditionnels restent indispensables, mais ils intègrent de nouvelles normes, de nouveaux produits et des objectifs de performance énergétique.

Ces changements ouvrent des perspectives aux jeunes comme aux personnes en reconversion. Ils supposent néanmoins un accompagnement vers les qualifications adaptées. La Cellule économique régionale de la construction Nouvelle-Aquitaine publie des données sur l’activité, l’emploi et la formation dans la filière.

Rénovation énergétique, réemploi des matériaux et gestion de l’eau font évoluer les compétences demandées sur les chantiers régionaux.

Attirer ne suffit pas, il faut aussi fidéliser

La communication autour des métiers peut susciter des candidatures, mais la fidélisation reste un enjeu tout aussi important. Rémunération, sécurité, horaires, déplacements et qualité de l’encadrement déterminent la durée des parcours. Les entreprises qui peinent à recruter doivent donc agir sur les conditions d’intégration autant que sur leur visibilité.

La Semaine du BTP agit comme une porte d’entrée. Le véritable bilan se mesurera dans les embauches durables, les formations suivies et les candidats maintenus dans la filière. Avec plus de 13 000 projets régionaux, le besoin existe ; reste à rapprocher les postes disponibles des attentes concrètes de celles et ceux qui pourraient les occuper.

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