106 ans après l’un des pires drames maritimes français, une association bordelaise se bat pour sortir de l’oubli le naufrage du paquebot l’Afrique. Un projet fou, mémoriel et patrimonial, qui pourrait faire ressurgir une page sombre de l’Histoire.
Si le Titanic te dit forcément quelque chose, l’Afrique, lui, est resté dans l’ombre. Et pourtant. Le 12 janvier 1920, ce paquebot français de 120 mètres, parti de Bordeaux pour Dakar, sombre dans l’Atlantique après avoir affronté une violente tempête. Le bilan est terrible : 568 morts, seulement 38 survivants. La plus grande catastrophe maritime française, engloutie par l’oubli.

Aujourd’hui, à Bordeaux, l’association Mémoires et partages veut raviver cette mémoire effacée. Son objectif : remonter l’épave de l’Afrique, qui repose toujours dans le golfe de Gascogne, à une quarantaine de kilomètres au large des Sables-d’Olonne, par 44 à 48 mètres de fond.
À l’époque, la France sort à peine de la Première Guerre mondiale. Le pays est traumatisé, tourné vers la reconstruction, et le naufrage passe au second plan. Résultat : une tragédie humaine massive, rapidement invisibilisée. Parmi les victimes figuraient notamment 192 tirailleurs africains, révélant aussi une dimension coloniale longtemps passée sous silence.

©Mémoires et partages
Les plongeurs ont localisé l’épave : elle est encore visible, inclinée sur tribord, entourée de chaudières et de structures métalliques.
Soutenu par des élus, des historiens et des artistes — comme la fresque réalisée sur les quais de Bordeaux — le projet suscite un intérêt croissant. Livres, recherches, initiatives culturelles : peu à peu, le paquebot l’Afrique refait surface. Et avec lui, la mémoire d’un drame que la France ne peut plus ignorer.
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