À l’Université Bordeaux Montaigne, les étudiantes et étudiants confrontés à des troubles liés aux menstruations peuvent désormais bénéficier de jusqu’à quinze jours d’absence justifiée par année universitaire. Le dispositif, engagé en 2024, évolue à la rentrée 2026 avec une démarche simplifiée : aucun certificat médical n’est exigé, mais une attestation sur l’honneur doit être déposée sur la plateforme dédiée.
Quinze jours pour répondre à une difficulté bien réelle
Douleurs intenses, fatigue, migraines ou troubles digestifs peuvent rendre une journée de cours particulièrement difficile. Pour éviter que ces symptômes ne placent les personnes concernées devant un choix entre leur santé et leur assiduité, Bordeaux Montaigne reconnaît un motif spécifique d’absence. Le plafond est fixé à quinze jours sur l’ensemble de l’année universitaire, mobilisables lorsque la situation l’exige.

Cette mesure découle d’une décision adoptée par la Commission de la formation et de la vie universitaire le 7 mars 2024. Deux ans après son lancement, l’établissement poursuit donc une démarche pensée comme un outil d’égalité dans les études. Il ne s’agit pas de congés programmés à l’avance, mais d’une possibilité permettant de justifier une absence liée aux menstruations sans devoir détailler publiquement une situation intime.
Une attestation sur l’honneur à déposer en ligne
La principale nouveauté réside dans la suppression du certificat médical obligatoire. La personne concernée doit remplir une attestation annuelle sur l’honneur, puis la joindre à sa demande en ligne. Cette formalité sert de justificatif pour toute l’année, dans la limite prévue par l’université. Une consultation médicale reste recommandée, notamment lorsque les symptômes sont récurrents ou invalidants, mais elle ne conditionne plus la recevabilité administrative de la demande.
Le dépôt dématérialisé permet à l’étudiant de préciser la période concernée et de transmettre son justificatif sans passer par des échanges multiples. L’université présente sur son espace étudiant les étapes de déclaration d’une absence. Après examen du dossier, une notification indique si la demande est acceptée ou refusée. En cas de rejet, il demeure possible de la corriger et de la déposer à nouveau.

Contrôle continu et examens sont concernés
Le motif peut être utilisé pour une absence à un cours évalué, à un oral, à une épreuve écrite ou à un examen terminal. La démarche n’est toutefois pas identique dans toutes les situations. Les sessions terminales organisées en janvier, mai ou juin doivent être déclarées dans la rubrique consacrée aux examens terminaux. Les autres évaluations relèvent du contrôle continu, y compris certains devoirs ou oraux organisés pendant le semestre.
Cette distinction est importante, car elle permet au service compétent d’orienter correctement la demande. Une absence reconnue comme justifiée ne signifie pas automatiquement que toutes les conséquences pédagogiques disparaissent : les modalités de rattrapage ou d’évaluation restent encadrées par les règles de la formation. Le dispositif apporte néanmoins une base administrative claire aux étudiantes et étudiants concernés.
Un cadre plus discret et plus lisible
La dématérialisation vise également à améliorer la traçabilité des dossiers et la protection des données personnelles. Sur un sujet qui touche directement à la santé et à l’intimité, cette dimension compte. En remplaçant les démarches dispersées par un circuit identifié, l’université cherche à rendre la procédure plus simple, plus confidentielle et plus prévisible.

Pour le campus bordelais, cette évolution traduit surtout une reconnaissance concrète des obstacles que certaines étudiantes rencontrent encore dans leur parcours. Elle donne un cadre à des absences qui pouvaient auparavant être difficiles à expliquer auprès des équipes pédagogiques et contribue à mieux concilier santé, assiduité et réussite universitaire.
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