C’est une décision politique majeure pour l’avenir de la gestion des déchets en Gironde. Après plusieurs années de discussions, Bordeaux Métropole et les collectivités voisines du département ont conclu un accord inédit visant à harmoniser les coûts et à instaurer une gouvernance commune du traitement des déchets ménagers. Baptisée Alliance Déchets 33, cette nouvelle organisation entrera en vigueur en 2028 et engage les territoires pour une durée de quarante ans.
Pour de nombreux élus locaux, cet accord marque une étape importante dans la construction d’une politique départementale plus équitable et plus durable en matière de déchets.

Une gouvernance commune pour la gestion des déchets en Gironde
Jusqu’à présent, la gestion de l’incinération des déchets ménagers reposait sur un système jugé inégalitaire. Bordeaux Métropole, propriétaire des deux seuls incinérateurs du département, bénéficiait d’un tarif nettement plus avantageux que les autres intercommunalités.
La métropole payait en effet environ 45 euros par tonne de déchets incinérés, tandis que les autres syndicats et collectivités du département devaient débourser jusqu’à 135 euros la tonne, soit près de trois fois plus.
Avec la création du Groupement d’Autorités Concédantes (GAC) Alliance Déchets 33, Bordeaux Métropole et Unitom 33, la société publique locale qui regroupe treize autres acteurs de la gestion des déchets en Gironde, vont désormais partager la gouvernance des infrastructures et des décisions stratégiques.
Cette nouvelle organisation permettra une gestion plus collective et plus équilibrée des installations de traitement des déchets à l’échelle du département.
Vers une harmonisation du prix du traitement des déchets

L’un des objectifs majeurs de cet accord est l’harmonisation du coût de traitement des déchets ménagers. Le futur tarif n’est pas encore officiellement fixé, mais il pourrait se situer autour d’une centaine d’euros par tonne, soit un niveau intermédiaire entre les prix actuels.
Cette réforme vise à instaurer davantage de solidarité entre les territoires girondins, tout en garantissant un fonctionnement plus transparent du système.
Par ailleurs, les coûts liés à l’entretien et aux travaux des incinérateurs seront désormais mutualisés entre les différentes collectivités. La maintenance prévue autour de 2035 pourrait représenter un investissement compris entre 15 et 34 millions d’euros, qui sera donc réparti entre les membres de l’Alliance Déchets 33.
Réduire les déchets pour éviter la saturation des incinérateurs
Au-delà de la question financière, cet accord s’inscrit aussi dans une stratégie environnementale plus large. Les collectivités souhaitent renforcer les politiques de réduction et de tri des déchets ménagers.
Aujourd’hui, une grande partie du contenu des poubelles pourrait être recyclée ou valorisée autrement. On estime qu’environ 70 % des déchets présents dans une poubelle classique pourraient être orientés vers d’autres filières, comme le recyclage ou le compostage.

L’objectif fixé par les collectivités est de réduire de 15 % la production de déchets ménagers entre 2010 et 2030. Pour y parvenir, les actions de sensibilisation auprès des habitants et les politiques locales de tri devront être renforcées.
Un équilibre financier encore à préciser
Si cet accord représente une avancée majeure pour la gestion des déchets en Gironde, certaines questions restent encore en suspens, notamment pour Bordeaux Métropole.
La métropole pourrait en effet subir un manque à gagner financier lié à l’harmonisation des tarifs. Ce déséquilibre devrait être compensé par un système de loyer versé par les autres collectivités pour l’utilisation des incinérateurs, mais le montant exact n’a pas encore été déterminé.
Les prochaines années permettront donc d’ajuster ce nouveau modèle afin de garantir un équilibre entre solidarité territoriale, maîtrise des coûts et transition écologique. Avec Alliance Déchets 33, la Gironde franchit en tout cas une étape importante vers une gestion plus coordonnée et durable des déchets à l’échelle du département.
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