S'informer

Le Château Angélus retire sa candidature au classement des vins de Saint-Emilion

Le monde du vin est en pleine transformation dans le Bordelais. Plusieurs châteaux ont décidé de retirer leurs candidatures d’un des classements les plus réputés.

Le classement des vins de Saint-Émilion est un événement qui se tient tous les 10 ans. Une excellente place dans cette classification est gage de très bonnes retombées aussi bien médiatiques que financières. Pourtant, il est souvent contesté de par ses critères de sélection. De nombreux châteaux critiquent le fait que « des éléments secondaires » comme l’accueil du public ou encore la notoriété ont une place plus importante que « les fondamentaux » comme la qualité du vin, le territoire, les méthodes de production…

© Les vins du Château Angélus font partie des Grands Crus les plus réputés de Bordeaux - Château Angélus/Facebook
© Les vins du Château Angélus font partie des Grands Crus les plus réputés de Bordeaux – Château Angélus/Facebook

Ce mercredi, c’est via un communiqué que le propriétaire du Château Angélus a décidé de ne pas participer à ce classement. En effet, il le désigne comme un « vecteur d’antagonisme et d’instabilité« . Une décision qui fait suite à la condamnation du château le 10 novembre dernier. En effet, le château a du payer 60 000€ pour « prise illégale d’intérêt » lors de la précédente édition.

© La qualité des récoltes et du travail effectué est sous-évalué par le classement selon les vignerons - Château Angélus/Facebook
© La qualité des récoltes et du travail effectué est sous-évalué par le classement selon les vignerons – Château Angélus/Facebook

Une décision qui vient se rajouter à celle du château d’Ausone et de Cheval-Blanc qui eux aussi ont décliné l’offre. Néanmoins, l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité) considère qu’aucun impact majeur n’aura lieu sur le classement sachant qu’il y a plus de candidats qu’en 2012.

Articles similaires

2 commentaires

  1. Ainsi Château Angélus se retire du classement 2022 de Saint-Emilion en cours d’élaboration, classement dont il peut très bien se passer vu la forte notoriété de la « marque Angélus ». Au coeur de cette notoriété, l’histoire familiale : les de Boüard et l’Angélus depuis 1782.

    « Avec humilité, Angélus continuera d’inscrire sa trajectoire dans la même quête d’excellence et se consacrera plus que jamais à sa vocation première, que perpétue la famille de Boüard depuis huit générations : produire de grands vins propres à traverser les époques, qui soient le reflet de leur appellation, de leur terroir et de chaque millésime » (communiqué d’Angélus du 5 janvier 2022).
    Le Château Angélus aurait été fondé par Jean de Boüard à la fin du 18e siècle, précisément le 1er juillet 1782 selon la version officielle du dit Château. Son titre de noblesse en quelque sorte !

    Contacté il y a cinq ans pour connaître le document qui permettrait de valider une date aussi précise, le Château Angélus ne m’a jamais répondu, et pour cause ! Il appartenait à la famille Gurchy depuis 1610 selon les Editions Edouard Féret qui ne mentionnent aucun de Boüard propriétaire à Saint-Emilion au 19e siècle. Ces mêmes Editions m’ont signalé « un écart substantiel entre leurs éditions du début du 20e siècle et la communication actuelle de la propriété ». Le « Féret » est quand même une référence dans le bordelais !

    L’Angélus a été en réalité acheté par Elisabeth de Boüard, deuxième épouse de Maurice de Boüard, en juillet 1922 à la Société Bernheim de Paris suite à l’indivision Gurchy, soit cent quarante ans plus tard…
    De plus le patronyme des de Boüard n’est mentionné au 19e siècle à Saint-Emilion ni sur les registres de l’état civil, ni sur les listes nominatives des recensements, ni sur les matrices du cadastre napoléonien. Aucun de Boüard n’y était donc résident ou propriétaire. Le patronyme apparaît à Saint-Emilion à partir de 1910 lorsque Maurice de Boüard hérite du Château Mazerat de Jeanne Eugénie Souffrain, et y réside (recensement de Saint-Emilion de 1911). Faut-il remettre en question ces archives ?

    Enfin, l’historien Michel de Boüard, présenté par Angélus comme l’historien de la famille et les documents du « Fonds de Boüard » déposé aux Archives départementales de Gironde ne mentionnent d’aucune manière l’installation des de Boüard à Saint-Emilion, et confirment au contraire l’implantation de Jean (le soi-disant fondateur du Château Angélus en 1782) sur le domaine familial de Laforest situé sur les deux paroisses du Pizou (Dordogne) et de Saint-Antoine-sur-l’Isle (Gironde). Il décède d’ailleurs le 31 décembre 1801 à Villefranche-de-Longchat (Dordogne). Les archives départementales de Dordogne en témoignent.

    Aujourd’hui, affirmer la présence des de Boüard sur la propriété du Château Angélus depuis huit générations et sur deux cent quarante ans, n’est qu’un mythe au service de la communication et ajoute donc à la notoriété du domaine.
    Petit détail amusant, parmi les portraits présentés dans la galerie du Château Angélus, celui d’un homme d’âge mûr soit disant propriétaire du château au 19e siècle. Il a bien existé, mais est décédé à l’âge de 16 mois… un peu jeune pour être propriétaire ! Ses actes de naissance et de décès sont consultables aux archives départementales de Dordogne.
    Un historique du domaine est présenté dans l’article « Château Angélus » de Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_Ang%C3%A9lus

  2. Ainsi Château Angélus se retire du classement 2022 de Saint-Emilion en cours d’élaboration, classement dont il peut très bien se passer vu la forte notoriété de la « marque Angélus ». Au coeur de cette notoriété, l’histoire familiale : les de Boüard et l’Angélus depuis 1782.

    « Avec humilité, Angélus continuera d’inscrire sa trajectoire dans la même quête d’excellence et se consacrera plus que jamais à sa vocation première, que perpétue la famille de Boüard depuis huit générations : produire de grands vins propres à traverser les époques, qui soient le reflet de leur appellation, de leur terroir et de chaque millésime » (communiqué d’Angélus du 5 janvier 2022).
    Le Château Angélus aurait été fondé par Jean de Boüard à la fin du 18e siècle, précisément le 1er juillet 1782 selon la version officielle du dit Château. Son titre de noblesse en quelque sorte !

    Contacté il y a cinq ans pour connaître le document qui permettrait de valider une date aussi précise, le Château Angélus ne m’a jamais répondu, et pour cause ! Il appartenait à la famille Gurchy depuis 1610 selon les Editions Edouard Féret qui ne mentionnent aucun de Boüard propriétaire à Saint-Emilion au 19e siècle. Ces mêmes Editions m’ont signalé « un écart substantiel entre leurs éditions du début du 20e siècle et la communication actuelle de la propriété ». Le « Féret » est quand même une référence dans le bordelais !

    L’Angélus a été en réalité acheté par Elisabeth de Boüard, deuxième épouse de Maurice de Boüard, en juillet 1922 à la Société Bernheim de Paris suite à l’indivision Gurchy, soit cent quarante ans plus tard…
    De plus le patronyme des de Boüard n’est mentionné au 19e siècle à Saint-Emilion ni sur les registres de l’état civil, ni sur les listes nominatives des recensements, ni sur les matrices du cadastre napoléonien. Aucun de Boüard n’y était donc résident ou propriétaire. Le patronyme apparaît à Saint-Emilion à partir de 1910 lorsque Maurice de Boüard hérite du Château Mazerat de Jeanne Eugénie Souffrain, et y réside (recensement de Saint-Emilion de 1911). Faut-il aussi remettre en question ces archives ?

    Enfin, l’historien Michel de Boüard, présenté par Angélus comme l’historien de la famille et les documents du « Fonds de Boüard » déposé aux Archives départementales de Gironde ne mentionnent d’aucune manière l’installation des de Boüard à Saint-Emilion, et confirment au contraire l’implantation de Jean (le soi-disant fondateur du Château Angélus en 1782) sur le domaine familial de Laforest situé sur les deux paroisses du Pizou (Dordogne) et de Saint-Antoine-sur-l’Isle (Gironde). Il décède d’ailleurs le 31 décembre 1801 à Villefranche-de-Longchat (Dordogne). Faut-il encore remettre en question ces archives ?

    Aujourd’hui, affirmer la présence des de Boüard sur la propriété du Château Angélus depuis huit générations et sur deux cent quarante ans, n’est qu’un mythe au service de la communication et ajoute donc à la notoriété du domaine.
    Petit détail amusant, parmi les portraits présentés dans la galerie du Château Angélus, celui d’un homme d’âge mûr soit disant propriétaire du château au 19e siècle. Il a bien existé, mais est décédé à l’âge de 16 mois… un peu jeune pour être propriétaire ! Ses actes de naissance et de décès sont consultables aux archives départementales de Dordogne.
    On falsifie, on crée la légende et on médiatise notamment en publiant : « On est dans le [Sud-]Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende ! » (John Ford, « L’Homme qui tua Liberty Valance »).

    Un historique du domaine est présenté dans l’article « Château Angélus » de Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_Ang%C3%A9lus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page