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Gironde : pourquoi sauter d’un pont peut provoquer des blessures irréversibles

Quand la chaleur s’installe en Gironde, les ponts et les rivières deviennent parfois des lieux de baignade improvisés. Pourtant, un saut apparemment anodin peut provoquer un traumatisme crânien, une fracture de la colonne ou une paralysie définitive. À Belin-Béliet, la baisse du niveau de la Leyre et la présence d’obstacles immergés poussent les autorités à renouveler leurs avertissements.

Sous un pont, la profondeur, les courants et les obstacles immergés peuvent évoluer sans être visibles. Crédit : pexels.com

À Belin-Béliet, des obstacles invisibles sous la Leyre

Le pont de Mesplet, sur la RD110, attire des jeunes qui cherchent à se rafraîchir dans la Leyre. Mais avec les fortes chaleurs, le niveau de la rivière baisse rapidement. La profondeur observée quelques jours plus tôt ne garantit donc jamais qu’un saut reste possible sans heurter le fond.

La mairie de Belin-Béliet signale également la présence de vestiges de l’ancien pont, dont des éléments métalliques immergés. Le courant peut transporter branches et autres débris, impossibles à distinguer depuis la chaussée. L’eau trouble donne ainsi une fausse impression de sécurité alors que l’environnement sous la surface change continuellement.

Un choc capable de léser la colonne vertébrale

Les sapeurs-pompiers déconseillent tout plongeon depuis une hauteur, en particulier tête la première et dans une eau dont on ne connaît pas la profondeur. Un choc au niveau du crâne ou des cervicales peut entraîner une lésion de la moelle épinière. Dans les cas les plus graves, les conséquences vont jusqu’à la paraplégie ou la tétraplégie.

Sauter les pieds en premier n’écarte pas le danger. La vitesse acquise et l’impact sur le fond peuvent transmettre une force importante aux jambes, au bassin et à la colonne. À grande hauteur, la surface de l’eau elle-même oppose une résistance brutale. Le risque existe aussi à l’océan lorsque des personnes plongent dans une vague recouvrant seulement quelques centimètres d’eau.

Même depuis une faible hauteur, un saut peut causer un traumatisme crânien ou une lésion de la colonne. Crédit : pexels.com

Courants, débris et montée soudaine des eaux

La profondeur n’est pas le seul problème. En rivière, les nageurs peuvent être entraînés par un courant plus puissant qu’il n’y paraît, percuter un obstacle flottant ou être surpris par une montée rapide des eaux après un orage. Les secteurs proches des barrages et des écluses présentent aussi des tourbillons et mouvements d’eau particulièrement dangereux.

La campagne de Voies navigables de France sur les baignades sauvages rappelle que blocs de béton, pieux métalliques et rochers peuvent se cacher sous les ponts. Elle invite à respecter les interdictions et à choisir uniquement les espaces autorisés.

Où se baigner sans prendre de risques inutiles ?

Le premier réflexe consiste à privilégier une plage, un lac ou un bassin surveillé. Le Département recense plusieurs sites de baignade aménagés en Gironde, notamment à Bègles, Blasimon, Carcans, Hostens, Lanton, Le Teich ou Castillon-la-Bataille. Les horaires et les conditions d’accès doivent être vérifiés avant le déplacement.

Pour se rafraîchir, il faut privilégier une zone autorisée, aménagée et surveillée par des professionnels. Crédit : pexels.com

Il faut également entrer progressivement dans l’eau pour limiter le choc thermique, éviter l’alcool, prévenir un proche et ne jamais surestimer son niveau. En cas d’accident, il ne faut pas se jeter à l’eau sans équipement au risque de devenir une seconde victime : alertez immédiatement les secours au 112 et indiquez le lieu le plus précisément possible.

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