À proximité de Tombebœuf, en Lot-et-Garonne, la ferme du Moulin de la Ville raconte une transformation remarquable. Plutôt que d’intensifier les cultures ou de vendre les terres, la famille propriétaire a choisi de protéger prairies, bois, ruisseaux et zones humides. Plus de 300 espèces y ont été recensées. Ce domaine montre comment une exploitation agricole peut devenir un laboratoire de biodiversité et un lieu de sensibilisation ouvert ponctuellement au public.

Une famille qui refuse l’intensification
La ferme du Moulin de la Ville s’étend sur une douzaine d’hectares près de Tombebœuf. Longtemps consacrée à la polyculture, elle aurait pu suivre le mouvement d’agrandissement et de spécialisation. Ses propriétaires choisissent au contraire de conserver les milieux semi-naturels observés pendant des années.
Dès les années 1990, un sentier est tracé dans la forêt alluviale et certaines parcelles retrouvent un usage de prairie de fauche. Haies, ruisseaux et bosquets ne sont plus considérés comme des obstacles à la production, mais comme des éléments essentiels du domaine. Pour replacer cette découverte dans son territoire, le CPIE Pays de Serres-Vallée du Lot propose également des repères et des ressources complémentaires.
Une mosaïque d’habitats favorable à la vie
Prairies humides, lande, chênaie, forêt alluviale et pelouses à orchidées se côtoient sur une petite surface. Cette diversité crée des refuges pour des espèces aux besoins différents. La jacinthe romaine, la tulipe sylvestre et plusieurs orchidées figurent parmi les plantes suivies.
Les inventaires ont également identifié oiseaux, mammifères, reptiles et amphibiens. Loutres, chauves-souris, milan royal ou triton marbré témoignent de la qualité du site. Leur présence ne signifie pas qu’ils sont facilement visibles : l’observation demande patience et discrétion.
Le rôle décisif des associations naturalistes
La famille travaille avec le CPIE afin de réaliser les inventaires, suivre les populations et construire un projet de protection durable. Le domaine a obtenu le statut d’Espace naturel sensible et a engagé des démarches pour renforcer encore sa reconnaissance.
Ce partenariat apporte des compétences scientifiques et permet d’organiser des actions ciblées, comme le suivi des orchidées ou la gestion d’espèces invasives. Il montre qu’un propriétaire privé peut contribuer à une politique territoriale de biodiversité. Les informations utiles et les conditions d’accès peuvent être vérifiées auprès de Lot-et-Garonne Tourisme.

Un site à découvrir uniquement dans le cadre prévu
Le Moulin de la Ville n’est pas un parc ouvert en permanence. Des sorties thématiques, randonnées et ateliers sont proposés à certaines dates. Cette organisation limite le dérangement et permet aux visiteurs d’être accompagnés par des personnes capables d’expliquer les milieux.
Il faut donc consulter le programme et réserver lorsqu’une animation est annoncée. L’intérêt de la visite dépasse l’inventaire des espèces : elle invite à réfléchir à la place laissée au vivant dans les campagnes et aux choix agricoles capables de restaurer un paysage.
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