Les gendarmes mobilisés pendant les incendies de l’été en Gironde pourront bénéficier d’une indemnité spécifique. Un arrêté publié au Journal officiel reconnaît leur engagement comme une mission exceptionnelle de renfort temporaire. Les militaires absents de leur garnison pendant au moins quatre nuits consécutives recevront 50 euros par nuitée, sous réserve de respecter les règles de non-cumul prévues par le dispositif.

Une mission exceptionnelle reconnue par l’État
L’arrêté daté du 13 août et publié le 25 août concerne les opérations menées du 22 juillet au 9 août 2026. Cette période correspond aux journées les plus intenses de la lutte contre les feux, depuis le départ de l’incendie à Saumos jusqu’à la stabilisation progressive de la situation.
Le texte ouvre droit à l’indemnité d’absence missionnelle, créée pour compenser certaines missions de renfort temporaire accomplies loin de la garnison habituelle. Il ne s’agit donc pas d’une prime versée automatiquement à tous les militaires ayant travaillé dans le département, mais d’un dispositif soumis à plusieurs conditions précises.
50 euros pour chaque nuit passée en mission
Pour être éligible, le gendarme doit avoir été absent de sa garnison pendant au moins quatre nuitées consécutives. Lorsque ce seuil est atteint, l’indemnité est fixée à 50 euros par nuitée pour la mission réalisée en métropole. Le montant est calculé sur chacune des nuits d’absence retenues.
Cette indemnité ne peut pas se cumuler avec certains autres dispositifs. Elle est notamment incompatible avec l’indemnité journalière d’absence temporaire, généralement versée aux gendarmes mobiles en déplacement, ainsi qu’avec l’indemnité de sujétions pour service à l’étranger. Chaque situation administrative devra donc être examinée individuellement.

Plus de 900 gendarmes déployés au plus fort de la crise
Le dispositif a pris une ampleur exceptionnelle en quelques jours. Le 24 juillet, 440 gendarmes étaient engagés dans le département. Le lendemain, plus de 900 militaires opéraient sur le seul front girondin, avec quatorze escadrons de gendarmerie mobile, 130 gendarmes départementaux et plusieurs moyens spécialisés.
Deux hélicoptères, des équipes de drones, des quads et des embarcations nautiques ont complété le dispositif. Le déploiement a ensuite été renforcé par des véhicules blindés Centaure, deux compagnies de marche, 185 élèves-gendarmes et une unité de réservistes. La présentation officielle de la Gendarmerie détaille les moyens humains et matériels engagés en Gironde.
Évacuer, protéger et laisser passer les secours
Les militaires n’intervenaient pas directement sur les flammes. Leur rôle consistait à faire évacuer les habitants, contrôler les flux de circulation et empêcher l’accès aux secteurs dangereux. Ils devaient également protéger les logements et commerces laissés vides, tout en maintenant les routes disponibles pour les pompiers et les convois de renfort.
La sécurisation des zones évacuées s’est poursuivie jour et nuit. Les unités ont aussi participé aux investigations judiciaires destinées à déterminer les causes des départs de feu. Sur le littoral, les brigades nautiques ont apporté leur soutien aux opérations d’évacuation et à la surveillance des accès maritimes.

Une reconnaissance financière encadrée
Le texte publié sur Légifrance précise la période, la durée minimale d’absence et les conditions d’attribution de l’indemnité. Il permet aux services gestionnaires d’identifier les militaires concernés à partir des ordres de mission et des nuitées réellement effectuées.
Cette indemnité reconnaît une mobilisation hors norme, marquée par des journées longues, des déplacements importants et une exposition continue aux fumées, à la chaleur et aux tensions liées aux évacuations. Elle complète les dispositifs habituels sans les remplacer et apporte une réponse concrète aux personnels envoyés en renfort pendant la catastrophe girondine de l’été 2026.
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