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Mégafeu en Gironde : le chef des pompiers répond aux accusations d’abandon du Porge

Un mois après le mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde, la gestion des secours au Porge continue de susciter des questions. Marc Vermeulen, directeur du SDIS 33, affirme que la commune n’a jamais été abandonnée. Face au sentiment de certains sinistrés, le chef des pompiers détaille la chronologie des opérations et distingue les mouvements logistiques des moyens engagés contre les flammes.

La violence et les changements de direction du feu ont contraint les secours à adapter leurs positions sur plusieurs fronts simultanés.

Des premières minutes d’intervention très rapides

Le feu est signalé le mercredi 22 juillet à 12 h 02 sur la commune de Saumos. Selon la chronologie présentée par le commandement, les premiers sapeurs-pompiers arrivent dix-six minutes plus tard. Ils font partie des groupes déjà prépositionnés dans le massif en raison du niveau de risque exceptionnel.

Dans l’heure qui suit, des moyens aériens interviennent avec un Dash, puis quatre Air Tractor. Le dispositif terrestre et aérien monte rapidement en puissance, mais le sinistre progresse dans une forêt extrêmement sèche. Les températures, le vent et les multiples sautes de feu compliquent les premières manœuvres et rendent les trajectoires difficiles à anticiper.

Le jeudi soir, plusieurs secteurs menacés en même temps

Le 23 juillet, l’incendie atteint Le Porge puis menace Lège-Cap-Ferret. Dans la soirée, le front change de direction et revient vers la commune déjà touchée. Au même moment, une saute de feu atteint le centre de Lège et des arbres brûlent le long de la départementale D3, axe essentiel pour les évacuations et l’accès à la presqu’île.

Les secours doivent alors travailler sur plusieurs urgences simultanées. Marc Vermeulen reconnaît des mouvements vers Lacanau et Lège, mais précise qu’ils concernaient des médecins, des camions de carburant et du soutien sanitaire. Il conteste le retrait massif des unités chargées de combattre le feu au Porge.

Entre Saumos, Le Porge et Lège-Cap-Ferret, les pompiers ont dû défendre des habitations, des routes et plusieurs secteurs forestiers. –

Pourquoi le sentiment d’abandon persiste

Le bilan matériel explique en grande partie la colère. Au moins 183 maisons ont été détruites au Porge, sur environ 240 habitations touchées dans l’ensemble du périmètre. Des riverains disent avoir vu diminuer la présence des pompiers dans la nuit du 23 au 24 juillet et estiment que d’autres zones ont été privilégiées.

Pour le directeur du SDIS, la manœuvre a pu être mal comprise dans un contexte chaotique, mais aucune consigne n’aurait été donnée pour délaisser la commune. Il rappelle également que Le Porge n’était pas encore entièrement évacué, ce qui rendrait incohérente l’idée d’un abandon volontaire des habitants encore présents.

Un combat jugé inégal face à la puissance du feu

Au plus fort de la crise, jusqu’à 2 700 pompiers ont été mobilisés, avec des renforts nationaux et européens. Pourtant, le feu avançait parfois sur plusieurs fronts, dans des conditions qualifiées d’erratiques. La présence de nombreux secours ne garantissait pas la protection de chaque habitation, notamment lorsque les projections incandescentes franchissaient les lignes de défense.

Les communiqués officiels permettent de retrouver l’évolution du dispositif et les mesures prises après le passage des flammes. Le point de situation publié par la préfecture le 3 août détaille les opérations, le déminage et l’accompagnement engagé.

Après l’urgence opérationnelle, l’accompagnement administratif, juridique et psychologique des habitants reste indispensable dans une commune profondément marquée. –

Le retour d’expérience devra répondre aux zones d’ombre

La chronologie défendue par le SDIS n’efface pas les témoignages ni les interrogations des sinistrés. Un retour d’expérience complet doit encore analyser les ordres, les informations disponibles et les choix de priorité. Il devra établir si certaines unités ont manqué de données ou si des décisions ont produit des effets imprévus.

En attendant, l’aide aux victimes se poursuit. La base Gironde Solidaire installée près de la mairie du Porge regroupe les services d’accompagnement accessibles aux sinistrés. La transparence du bilan opérationnel sera essentielle pour rétablir la confiance sans minimiser ni l’engagement des secours ni la douleur des habitants.

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