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Mérignac : une possible commande égyptienne de 24 Rafale renforcerait l’usine Dassault

Une possible commande égyptienne de 24 Rafale supplémentaires pourrait consolider encore le plan de charge de Dassault Aviation à Mérignac. Le Caire a engagé une nouvelle démarche auprès de l’avionneur français, sans qu’un contrat ferme soit signé à ce stade. Pour la Gironde, l’enjeu est direct : tous les Rafale sont assemblés et préparés à la livraison dans l’usine mérignacaise du groupe.

Une demande sérieuse, mais pas encore une commande

L’Égypte aurait adressé à Dassault Aviation un appel à propositions techniques et commerciales portant sur 24 avions de combat supplémentaires. Cette étape permet de discuter la configuration, le prix, les délais et les conditions d’un éventuel contrat. Elle traduit un intérêt concret, mais ne garantit pas encore la vente. L’entreprise n’a pas commenté publiquement les négociations.

Le pays occupe une place particulière dans l’histoire commerciale du Rafale. En 2015, il avait été le premier client étranger à commander l’appareil, avec une première tranche de 24 exemplaires. Une deuxième commande, conclue en 2021, doit porter la flotte égyptienne à 54 avions fin 2026. Si le nouveau projet aboutit, Le Caire disposerait alors de 78 Rafale.

L’Égypte étudie l’achat de vingt-quatre Rafale supplémentaires, une perspective commerciale qui concernerait directement leur chaîne d’assemblage final installée à Mérignac – Crédit : Dassault Aviation

À Mérignac, chaque Rafale prend sa forme définitive

La portée locale de ce dossier tient au rôle unique du site girondin. À Mérignac, Dassault Aviation réalise l’assemblage final des avions militaires et d’affaires produits en série. Les différents éléments fabriqués dans les autres établissements et chez les fournisseurs y sont réunis avant les essais au sol, la mise en vol, la peinture et la livraison.

L’usine mérignacaise est le dernier maillon industriel de tous les Rafale. Le constructeur la qualifie d’« usine livrancière », car elle est la seule de ses implantations françaises où les appareils complets peuvent être observés. La présentation officielle de l’établissement Dassault Aviation de Mérignac retrace cette activité d’assemblage et de mise en vol assurée depuis 1950.

Dans l’usine livrancière de Mérignac, les avions complets sont assemblés, testés au sol, mis en vol, peints puis préparés pour leur client – Crédit : Dassault Aviation

Un plan de charge déjà rempli pour plusieurs années

Une troisième commande égyptienne viendrait s’ajouter à un carnet déjà dense. Au 31 décembre 2025, Dassault Aviation comptait 220 Rafale à produire, dont 175 pour des clients étrangers. L’entreprise avait livré 26 appareils au cours de l’année, après 21 en 2024. Le groupe prévoit aussi de poursuivre sa montée en cadence pour répondre à l’accumulation des contrats.

Les données officielles sur les livraisons et le carnet de commandes 2025 montrent le poids croissant de l’export. Après l’Égypte, le Qatar, l’Inde, la Grèce, la Croatie, les Émirats arabes unis, l’Indonésie et la Serbie ont choisi le chasseur français.

Cette charge industrielle mobilise bien davantage que le seul hall d’assemblage. Les commandes irriguent un réseau de fournisseurs, de sous-traitants et de compétences aéronautiques en Nouvelle-Aquitaine et dans le reste du pays. Elles imposent aussi une organisation rigoureuse : produire davantage sans dégrader les délais ni la qualité suppose d’adapter les flux, les recrutements et les capacités des partenaires.

Le carnet de commandes du Rafale assure plusieurs années d’activité au site girondin et à un vaste réseau industriel réparti dans toute la France – Crédit : Dassault Aviation

Une perspective à suivre pour l’économie girondine

Le projet égyptien reste soumis à la négociation et à la concurrence internationale. Le pays doit moderniser une importante flotte de F-16 vieillissants, mais d’autres constructeurs cherchent également à s’imposer. Pour Mérignac, aucune conséquence nouvelle ne peut donc être tenue pour acquise avant la signature d’un contrat.

Si l’accord se concrétise, il prolongera toutefois une dynamique déjà visible sur le territoire. L’usine girondine restera au centre du dispositif, là où chaque appareil achève son parcours industriel avant d’être livré. Une commande décidée au Caire se traduirait ainsi, plusieurs années durant, par du travail supplémentaire aux portes de Bordeaux.

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