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Emploi : la filière nucléaire accélère ses recrutements à Bordeaux et autour de la centrale du Blayais

Le renouveau du nucléaire français se traduit déjà dans l’emploi girondin. La filière estime devoir réaliser près de 100 000 recrutements d’ici 2034. À Bordeaux, Orano développe une activité d’ingénierie qui vise plus de 200 ingénieurs fin 2027. Autour de la centrale du Blayais, les besoins portent aussi sur la maintenance, l’exploitation, la sûreté et les nombreux métiers assurés par les entreprises partenaires.

Dix mille recrutements par an à organiser

La relance des programmes de réacteurs, la prolongation du parc existant et les investissements industriels créent un besoin durable, évalué à environ 10 000 embauches par an pendant une décennie. Il ne s’agit pas seulement d’ingénieurs nucléaires. La filière recherche des électriciens, automaticiens, mécaniciens, soudeurs, techniciens de maintenance, spécialistes de la qualité, de la cybersécurité, de la radioprotection et de la gestion de projet.

Cette diversité ouvre des portes à des salariés venus d’autres secteurs. L’aéronautique, l’automobile, le spatial, la chimie ou les batteries emploient des profils dont les compétences peuvent être transposées. En Gironde, cette circulation est particulièrement crédible grâce au poids de l’industrie aéronautique. Elle suppose néanmoins des formations complémentaires et une connaissance précise des exigences réglementaires propres aux installations nucléaires.

Le média temporaire sera remplacé par une photographie autorisée de la centrale du Blayais ou d’un site d’ingénierie bordelais – Crédit : Pexels

Bordeaux devient un point d’appui pour l’ingénierie

Orano a choisi Bordeaux pour développer une implantation d’ingénierie. L’objectif annoncé est de passer d’environ soixante personnes à plus de 200 ingénieurs d’ici fin 2027. Les candidats peuvent consulter les offres et parcours de recrutement publiés par Orano, en filtrant les résultats par métier et par localisation pour vérifier les postes réellement ouverts.

Des cabinets bordelais se spécialisent également dans ces métiers. Leur rôle ne se limite plus à transmettre des candidatures : ils évaluent les compétences transférables, accompagnent la mobilité et aident les entreprises à rendre leurs postes plus lisibles. Dans une industrie où les projets durent plusieurs décennies, le recrutement porte autant sur la maîtrise technique immédiate que sur la capacité à progresser dans un cadre exigeant.

Les besoins concernent des ingénieurs, techniciens, soudeurs, automaticiens et spécialistes de la sûreté sur l’ensemble de la filière – Crédit : Pexels

Le Blayais prépare la relève

La centrale du Blayais doit anticiper les départs, maintenir ses compétences et attirer de nouvelles générations. EDF présente sur sa page dédiée à la centrale du Blayais son activité, ses résultats et les informations territoriales utiles. Les emplois directs s’accompagnent de missions confiées à des prestataires lors des arrêts de tranche et des opérations de maintenance.

La féminisation reste un enjeu central. Les équipes vont à la rencontre des collégiens et lycéens pour faire connaître les métiers, notamment auprès des jeunes filles encore minoritaires dans les filières scientifiques et techniques. Cette action commence bien avant l’embauche : elle passe par l’orientation, l’apprentissage, les stages et une représentation plus concrète des fonctions exercées dans une centrale ou un bureau d’études.

La bataille des compétences ne se gagnera donc pas avec une campagne ponctuelle. Les entreprises devront former, fidéliser et organiser la mobilité entre grands groupes, PME et sites industriels. Pour la Gironde, l’enjeu est double : offrir des perspectives professionnelles durables et éviter que les projets nationaux ne captent tous les salariés expérimentés. L’emploi nucléaire à Bordeaux et au Blayais devient un sujet structurant pour toute la décennie.

Les besoins ne se concentreront pas uniquement au moment de la construction de nouveaux équipements. L’exploitation quotidienne et les visites réglementaires mobilisent des compétences sur le temps long. Pour les candidats, cela signifie des parcours possibles entre études, alternance et spécialisation progressive. Pour les entreprises locales, la visibilité sur les marchés sera essentielle avant d’embaucher. La filière doit transformer les annonces nationales en emplois réellement accessibles en Gironde, avec des formations proches des bassins de vie et des passerelles pour les salariés expérimentés. C’est à cette condition que Bordeaux et le Blayais pourront conserver les compétences recrutées.

La formation et la transmission des compétences conditionnent la capacité de la Gironde à répondre aux recrutements annoncés – Crédit : Pexels

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