Un autocar peut conserver sa carrosserie, ses sièges et une grande partie de ses équipements tout en abandonnant son moteur diesel. À Bruges, Bacqueyrisses veut développer cette transformation avec Retrofleet et convertir 100 véhicules en cinq ans. L’entreprise girondine, qui réalise déjà cinq à dix opérations par an, prépare un changement d’échelle. Ce partenariat associe la conception de kits électriques homologués à un savoir-faire d’atelier installé depuis un siècle dans le Sud-Ouest.
Le rétrofit des autocars prend de l’ampleur à Bruges
Le travail commence par le retrait du groupe motopropulseur thermique. Viennent ensuite l’installation du moteur électrique, des batteries et des composants qui assurent le fonctionnement de l’ensemble. Bacqueyrisses prend en charge la transformation dans ses ateliers, puis les contrôles et les essais nécessaires avant la remise en circulation. Le véhicule retrouve sa ligne après une intervention industrielle complète, bien différente d’un simple remplacement de pièce.
Retrofleet fournit les kits de conversion homologués. Cette homologation permet de travailler sur des modèles déterminés, avec une architecture technique validée. L’offre concerne notamment des autocars utilisés pour les transports scolaires et interurbains, dont les parcours quotidiens se répètent. La solution doit rester adaptée à la distance parcourue, aux possibilités de recharge et aux contraintes de chaque exploitant.

Sur sa page consacrée aux solutions électriques pour autobus et autocars, Retrofleet décrit des batteries lithium-fer-phosphate de 192 kWh et une intervention comprenant le démontage, l’installation puis les tests de fin de production. Ces caractéristiques illustrent la technicité du chantier. Elles ne dispensent pas d’examiner l’usage réel d’un véhicule avant de décider sa conversion.
Garder le véhicule, changer sa motorisation
Le rétrofit électrique prolonge l’exploitation d’un autocar existant en remplaçant sa chaîne de traction. La carrosserie et les autres éléments conservés ne repartent pas à la fabrication. Pour un transporteur, cette approche offre une autre voie que le renouvellement intégral de son parc : certains véhicules peuvent évoluer tandis que d’autres sont remplacés par du neuf, en fonction de leur état et de leur affectation.

La transformation modifie aussi le travail de maintenance. Les techniciens interviennent sur des batteries, une électronique de puissance et des circuits électriques qui demandent des compétences spécifiques. L’opération ne se résume donc pas à acheter un kit. Elle implique des installations adaptées, des procédures de sécurité, une formation et des essais avant que le car reprenne des passagers.
Bacqueyrisses présente le partenariat dans ses engagements environnementaux, avec l’objectif de prolonger la durée d’exploitation des véhicules. L’entreprise associe cette activité à d’autres investissements, comme les bornes de recharge sur ses sites. Le bénéfice attendu repose sur le réemploi du matériel et l’évolution de sa consommation d’énergie, sans supprimer les besoins de production des batteries et de l’électricité.
Une montée en cadence à construire dans les ateliers
L’objectif de 100 autocars sur cinq ans représenterait une moyenne de vingt conversions annuelles, contre cinq à dix aujourd’hui. Ce volume demeure une ambition industrielle. Il ne correspond ni à cent véhicules déjà livrés, ni à une commande unique dont le déploiement serait achevé. L’enjeu consiste à organiser une activité plus régulière et à en augmenter progressivement la capacité.

Cette montée en puissance pourrait entraîner la création d’une chaîne dédiée, des recrutements et la formation de techniciens spécialisés. Aucun nombre de postes nouveaux n’est annoncé. Les besoins dépendront du rythme des contrats et des conversions effectivement réalisées. Le partenariat donne néanmoins une perspective concrète à une activité déjà exercée par le groupe, plutôt qu’à un projet encore limité à un prototype.
Fondée à Bordeaux en 1925, l’entreprise familiale emploie 120 collaborateurs et dispose de sept implantations en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie. Vente, entretien, rénovation et transformation des véhicules composent son activité. Avec le rétrofit, ce réseau d’ateliers entend accompagner la transition des flottes régionales en conservant une partie du matériel déjà en service et en développant les compétences nécessaires à son électrification.
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