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GiFi en redressement judiciaire : ce qui attend les magasins de Gironde et de Nouvelle-Aquitaine

Le redressement judiciaire de GiFi, prononcé le 3 novembre, touche une enseigne profondément implantée en Nouvelle-Aquitaine. Autour de Bordeaux, la poursuite de l’activité se double d’une autre transformation : des magasins de Floirac et de Saint-Médard-en-Jalles figurent parmi les sites destinés à devenir des Grand Frais. Ces changements, préparés avant le jugement, ne doivent pas être confondus avec une fermeture générale du réseau. Les magasins poursuivent leur activité pendant la procédure.

En Gironde, deux changements d’enseigne déjà annoncés

À Floirac, le magasin du chemin de Vimeney apparaît dans la liste des emplacements cédés à Grand Frais. À Saint-Médard-en-Jalles, dans le secteur de Berlincan, une ouverture sous la nouvelle enseigne est annoncée à titre prévisionnel pour le début de 2027. Aucune date précise n’est confirmée pour Floirac. Ces calendriers relèvent d’une opération immobilière et commerciale engagée avant l’ouverture du redressement judiciaire.

L’accord porte sur 32 emplacements à l’échelle nationale. Il ne signifie donc ni que tous les GiFi vont disparaître, ni que tous les magasins girondins vont changer d’activité. À Mérignac, l’enseigne conserve notamment un point de vente au 43 avenue du Président-John-Fitzgerald-Kennedy, recensé dans son annuaire des magasins de Mérignac. Le jugement du 3 novembre ne constitue pas, à lui seul, une annonce de fermeture de cet établissement.

Les magasins GiFi poursuivent leur activité pendant la période d’observation ouverte le 3 novembre.

Pour les clients bordelais, deux dossiers avancent ainsi en parallèle : la réorganisation de l’entreprise et la conversion de certains locaux vers le commerce alimentaire. Les nouvelles façades Grand Frais découleront des cessions prévues, avec leurs propres travaux et dates d’ouverture. Elles ne permettent pas de déduire le sort des autres adresses du département.

Un réseau régional qui dépasse largement Bordeaux

Neuf sites de Nouvelle-Aquitaine figurent dans les listes de reprises publiées par la presse de la distribution : Floirac, Saint-Médard-en-Jalles, Champniers, Saintes, Royan, Bias, Pau, Hendaye et Bayonne. Ces implantations couvrent cinq départements, de la Charente aux Pyrénées-Atlantiques. À Champniers, l’ouverture sous la nouvelle enseigne est annoncée pour la fin de 2026 ; les autres échéances restent moins précises.

Le changement d’enseigne ne règle pas automatiquement la question de l’emploi. Le devenir des équipes dépend des modalités propres à chaque reprise. Aucun bilan public détaillé ne permet, à ce stade, d’attribuer un nombre de suppressions de postes aux magasins de Gironde concernés. Présenter les 6 000 salariés du groupe comme déjà licenciés serait tout aussi inexact.

Le poids régional de GiFi tient aussi à son siège historique de Villeneuve-sur-Lot, où travaillent environ 600 personnes. Achats, administration et fonctions centrales dépendent de ce site lot-et-garonnais. La procédure ouverte à Toulouse concerne donc bien davantage que les seules surfaces de vente visibles dans les zones commerciales.

Six mois pour rechercher une solution

Le tribunal de commerce de Toulouse a ouvert une période d’observation de six mois, à la demande de l’entreprise. La direction indique que les magasins restent ouverts et que les équipes préparent les rendez-vous commerciaux de fin d’année. Le catalogue national de novembre court ainsi du 3 au 16 novembre, avec des exclusions locales explicitement indiquées, dont Floirac. Une promotion nationale ne s’applique donc pas nécessairement à toutes les adresses.

Le siège de Villeneuve-sur-Lot représente aussi un enjeu majeur pour l’emploi en Nouvelle-Aquitaine.

GiFi emploie environ 6 000 personnes en France et exploite quelque 500 magasins. La direction explique ses difficultés par le recul du discount non alimentaire, la concurrence du commerce en ligne et une activité estivale inférieure aux prévisions, qui a accentué les tensions de trésorerie. Les dysfonctionnements liés au changement informatique de 2023 avaient déjà fragilisé l’enseigne.

Une nouvelle audience est annoncée pour le 8 janvier 2027. D’ici là, l’entreprise doit rechercher une solution permettant la continuation de son activité ou une cession. Pour les magasins girondins comme pour le siège de Villeneuve-sur-Lot, l’enjeu reste la préservation des emplois et la capacité du réseau à poursuivre son exploitation.

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