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Bordeaux : l’application Safly, dédiée à la sécurité des femmes jugée illégale

Lancée à la mi-novembre, l’application Safly ambitionnait de proposer une solution concrète pour sécuriser les retours nocturnes des femmes. Imaginée par l’entrepreneur bordelais Sébastien Lamour, la plateforme permettait de se faire raccompagner à pied par une personne de confiance après une sortie en soirée. Un concept né d’un constat simple : malgré les dispositifs existants, de nombreuses femmes continuent de se sentir vulnérables lors de leurs déplacements nocturnes.

Quelques semaines seulement après son lancement, le projet a toutefois été contraint de s’interrompre. En décembre, son concepteur a reçu une notification officielle l’obligeant à suspendre temporairement l’application. En cause : le cadre juridique entourant les missions de sécurisation des personnes, jugé incompatible avec le fonctionnement initial de Safly.

Le projet reposait sur un réseau de volontaires soigneusement sélectionnés, chargés d’accompagner les utilisatrices jusqu’à leur domicile. Si ces accompagnateurs faisaient l’objet d’entretiens approfondis et disposaient parfois d’expériences variées — agents de sécurité, pompiers, sportifs ou membres d’associations —, cela n’a pas suffi à lever les réserves exprimées par les autorités compétentes. Le principe même de confier une mission assimilée à de la sécurisation à des personnes non spécifiquement habilitées a été considéré comme problématique.

Face à cette situation, Sébastien Lamour a fait le choix de ne pas abandonner son initiative, mais de la transformer en profondeur. « Il a fallu repenser entièrement le concept », explique-t-il. L’entrepreneur travaille désormais sur une nouvelle orientation, inspirée d’un modèle collaboratif. L’idée n’est plus de proposer un service assimilable à une prestation encadrée, mais de favoriser la mise en relation entre particuliers partageant un trajet ou un déplacement nocturne.

Lancée à la mi-novembre, l’application Safly ambitionnait de proposer une solution concrète pour sécuriser les retours nocturnes des femmes.

Concrètement, Safly pourrait évoluer vers un système de copiétonnage, reposant sur une communauté d’utilisateurs volontaires qui choisissent de marcher ensemble. À l’image des plateformes de covoiturage, l’application ne fournirait plus un service de protection, mais un outil facilitant la rencontre entre personnes souhaitant rentrer accompagnées. Cette évolution permettrait de sortir du champ réglementaire lié aux activités de sécurité privée, tout en conservant l’objectif initial : réduire le sentiment d’isolement et d’insécurité lors des déplacements nocturnes.

Cette nouvelle version du projet pourrait également s’inscrire dans une démarche plus large de mobilité partagée et solidaire, en lien avec d’autres initiatives locales. Sébastien Lamour réfléchit ainsi à des partenariats et à une approche communautaire renforcée, fondée sur la confiance, la transparence et l’entraide entre utilisateurs.

Si le chemin s’avère plus complexe que prévu, l’entrepreneur reste convaincu de la pertinence de son idée. Pour lui, cette suspension représente avant tout une étape de transition. L’enjeu est désormais de trouver le juste équilibre entre innovation sociale, sécurité des usagers et respect du cadre légal, afin de proposer une solution durable et réellement utile aux femmes concernées.

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