Le projet fait déjà beaucoup parler dans la métropole bordelaise. À Bordeaux, le parking du Parc des Expositions, connu pour avoir accueilli en 2012 la plus grande centrale photovoltaïque urbaine de France, pourrait laisser place à un vaste campus dédié à l’intelligence artificielle.
Baptisé BXIA (Bordeaux IA), ce projet d’envergure nationale ambitionne d’implanter plusieurs data centers ainsi qu’un supercalculateur de dernière génération, pour un investissement total estimé à 3 milliards d’euros.

Présenté comme une opportunité économique majeure pour le territoire, le projet vise à positionner Bordeaux comme un pôle stratégique de l’IA en France et en Europe. À terme, cinq data centers d’une capacité de 50 mégawatts IT chacun seraient construits sur le site, soit une puissance totale de 250 MW IT. Une capacité sans précédent à l’échelle nationale, bien supérieure aux plus grands sites actuellement en activité en France.
Un enjeu de souveraineté numérique

L’un des arguments majeurs mis en avant par les porteurs du projet concerne la souveraineté numérique. Aujourd’hui, une large part des données européennes est hébergée sur des infrastructures situées aux États-Unis. Le campus BXIA ambitionne de proposer une alternative française, en hébergeant des données sensibles liées à la recherche, à la santé, à l’énergie, ou encore aux services publics. L’objectif affiché : renforcer l’indépendance technologique du pays face aux grandes puissances du numérique.
Dans un contexte de forte accélération des investissements dans l’intelligence artificielle, Bordeaux cherche à se positionner comme un territoire d’accueil de ces nouvelles infrastructures stratégiques. À l’échelle nationale, la course est lancée entre plusieurs métropoles pour attirer les grands projets liés au numérique, à l’IA et au calcul haute performance. Pour les défenseurs de BXIA, rater cette opportunité reviendrait à laisser filer des emplois qualifiés, des retombées économiques et une visibilité internationale pour la métropole.
Des interrogations sur l’impact énergétique et environnemental
Mais le projet ne fait pas l’unanimité. La principale inquiétude concerne la consommation énergétique colossale des data centers. À pleine capacité, l’ensemble du campus pourrait représenter jusqu’à 40 % de la consommation électrique de Bordeaux Métropole, selon certaines estimations. Une donnée qui interroge, à l’heure où la transition énergétique et la sobriété électrique sont au cœur des politiques publiques.


Le choix du site pose également question. Le parking du Parc des Expositions est aujourd’hui partiellement couvert de panneaux photovoltaïques, symbole d’une première ambition environnementale portée il y a une dizaine d’années. La transformation de cet espace en infrastructure numérique lourde soulève donc des débats sur l’équilibre entre innovation technologique, artificialisation des sols et cohérence écologique du projet.
Un projet structurant pour le futur de la métropole
Au-delà des polémiques, BXIA s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir économique de Bordeaux. Le développement de l’intelligence artificielle, du calcul haute performance et des services numériques pourrait renforcer l’attractivité du territoire pour les entreprises tech, les chercheurs et les talents. À condition, toutefois, que les enjeux environnementaux, énergétiques et d’intégration urbaine soient pleinement pris en compte.
Ce débat autour du futur data center du Parc des Expositions illustre les tensions actuelles entre ambition technologique, transition écologique et aménagement du territoire. Un sujet majeur pour l’avenir de Bordeaux, à suivre de près dans les mois à venir.
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