Une découverte spectaculaire et inquiétante a mobilisé les autorités ce week-end en Gironde. Trente-neuf obus datant de la Seconde Guerre mondiale ont été mis au jour sur une plage de Lège-Cap-Ferret, sur le bassin d’Arcachon, après l’effondrement partiel d’un ancien blockhaus. L’érosion côtière, accentuée par les fortes marées et les conditions météorologiques récentes, est à l’origine de cette mise au jour inattendue de munitions de guerre enfouies depuis plus de 80 ans.
Les engins explosifs ont été découverts à proximité de la plage de l’Horizon, un secteur régulièrement fréquenté par les promeneurs, sur la façade atlantique de la presqu’île du Cap Ferret. Alertées, les autorités ont rapidement sécurisé le périmètre afin d’éviter tout risque pour le public. Une opération de déminage a ensuite été menée par les services spécialisés de la préfecture maritime de l’Atlantique, en lien avec les démineurs de la Marine nationale.

Des munitions anciennes mais toujours dangereuses
Les obus retrouvés sont des munitions françaises de 75 mm, modèle 1917. Ces projectiles, datant de la Première Guerre mondiale, auraient été stockés par l’armée allemande durant l’Occupation, lorsque le littoral girondin était intégré au Mur de l’Atlantique. De nombreux blockhaus et ouvrages militaires avaient été construits à cette époque le long des plages du bassin d’Arcachon et de la côte océane afin de prévenir un débarquement allié.
Malgré leur ancienneté et leur état de corrosion avancé, ces munitions conservent un potentiel explosif réel. Les autorités rappellent que ce type d’engin représente un danger majeur, même plusieurs décennies après la fin des conflits. Leur manipulation par des particuliers est strictement interdite et peut entraîner de graves conséquences.
Une intervention complexe en raison des marées
L’opération de neutralisation n’a pas été simple. En raison des grandes marées, les démineurs ont dû intervenir en deux temps, les obus se retrouvant partiellement immergés à marée haute. Chaque projectile a été pris en charge individuellement, sécurisé puis détruit selon un protocole strict garantissant la sécurité des équipes et de l’environnement.
La préfecture maritime de l’Atlantique a précisé que des recherches complémentaires ont été engagées dans le secteur. L’effondrement du blockhaus pourrait avoir mis au jour d’autres munitions encore enfouies sous le sable ou dissimulées dans la dune. Le site reste donc sous surveillance, et de nouvelles opérations pourraient être programmées si d’autres engins explosifs venaient à être découverts.
L’érosion côtière, un phénomène de plus en plus préoccupant

Cet épisode met une nouvelle fois en lumière les effets de l’érosion côtière sur le littoral girondin. À Lège-Cap-Ferret comme ailleurs sur la côte atlantique, le recul du trait de côte fragilise les anciennes structures militaires construites sur la dune. Certains blockhaus, autrefois situés à plusieurs dizaines de mètres à l’intérieur des terres, se retrouvent aujourd’hui au bord de l’eau, voire directement sur la plage.
Les autorités appellent à la vigilance : toute découverte d’objet suspect sur le littoral doit être immédiatement signalée aux forces de l’ordre. Il est recommandé de ne pas toucher les munitions et de s’éloigner de la zone. La sécurité du public reste la priorité, alors que les vestiges de la Seconde Guerre mondiale continuent de ressurgir, parfois là où on les attend le moins.
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