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Gironde : plusieurs caddies de nourriture sont toujours jetés chaque jour par les supermarchés

Chaque jour en France, des tonnes de nourriture encore consommable sont jetées par les supermarchés. Une situation paradoxale alors que de nombreuses familles rencontrent des difficultés pour se nourrir correctement. Pour lutter contre ce phénomène, la France a adopté en 2016 la loi Garot, une réglementation pionnière visant à obliger les grandes surfaces à donner leurs invendus alimentaires plutôt que de les détruire.

Pourtant, près de dix ans après son adoption, le gaspillage alimentaire reste une réalité, y compris dans des territoires comme Bordeaux et la Gironde, où les associations caritatives dépendent fortement des dons alimentaires pour venir en aide aux plus précaires.

Malgré la loi anti-gaspillage, des tonnes de nourriture sont encore jetées en France. En Gironde, associations et citoyens tirent la sonnette d’alarme.

Une loi pionnière contre le gaspillage alimentaire

La loi Garot impose aux supermarchés de plus de 400 m² de signer des conventions avec des associations afin de redistribuer les produits encore consommables mais invendables.

Avant cette réforme, certaines pratiques choquantes existaient dans la grande distribution. Des produits étaient parfois rendus volontairement impropres à la consommation – notamment avec de l’eau de javel – pour empêcher leur récupération.

Avec la loi, les enseignes doivent désormais donner leurs invendus aux associations, banques alimentaires ou structures solidaires. Les magasins qui ne respectent pas ces obligations s’exposent à des amendes pouvant atteindre 10 000 euros par infraction. La France est d’ailleurs devenue un modèle en la matière, inspirant plusieurs pays européens comme l’Italie ou la République tchèque, même si aucun n’a adopté une réglementation aussi stricte.

À Bordeaux et en Gironde, les associations en première ligne

Dans le département de la Gironde, les associations caritatives jouent un rôle essentiel dans la redistribution des denrées alimentaires. Des structures comme les banques alimentaires ou certaines associations locales récupèrent chaque semaine des produits provenant des supermarchés pour les redistribuer aux familles dans le besoin.

Supermarchés, invendus alimentaires, associations solidaires : pourquoi le gaspillage persiste encore à Bordeaux et en Gironde malgré une loi pionnière.

À Bordeaux, Mérignac, Pessac ou encore Libourne, ces dons permettent de soutenir des milliers de bénéficiaires chaque année.

Mais lorsque les invendus ne sont pas récupérés ou mal gérés, ce sont autant de repas qui disparaissent inutilement. Certaines enquêtes ont montré que malgré la loi, des produits encore consommables continuent de finir dans les bennes.

« Trois caddies de nourriture jetés chaque jour »

Une récente enquête télévisée a mis en lumière des pratiques encore problématiques dans plusieurs enseignes françaises. Des employés témoignent que plusieurs chariots de nourriture peuvent encore partir à la poubelle chaque jour dans certains magasins.

Les raisons évoquées varient : problèmes logistiques, manque de coordination avec les associations, gestion des stocks imparfaite ou contraintes sanitaires. Résultat : des millions de repas potentiels sont perdus chaque année, alors que la précarité alimentaire continue de progresser.

Des solutions existent, mais restent insuffisantes

Certaines initiatives montrent pourtant qu’il est possible de réduire considérablement le gaspillage alimentaire. De nombreux supermarchés en Gironde ont renforcé leurs partenariats avec les associations locales pour organiser des collectes plus efficaces.

Des caddies de nourriture jetés chaque jour : enquête sur le gaspillage alimentaire dans les supermarchés de Bordeaux et de Gironde.

Par ailleurs, les applications anti-gaspillage, qui permettent d’acheter à prix réduit des produits proches de leur date limite, connaissent un succès croissant auprès des consommateurs. Elles permettent de sauver des produits qui auraient autrement été jetés.

Malgré ces progrès, ces pratiques restent encore trop inégales selon les enseignes et les territoires.

Un enjeu écologique et social majeur

Le gaspillage alimentaire ne représente pas seulement une perte économique. Il a aussi un impact environnemental considérable. Produire de la nourriture qui finit à la poubelle mobilise de l’eau, de l’énergie, des terres agricoles et des transports pour rien. Dans le même temps, la précarité alimentaire touche un nombre croissant de foyers, y compris en Gironde.

Pour les associations et les acteurs solidaires de Bordeaux et de la région, renforcer les contrôles et améliorer la coopération entre supermarchés et associations reste une priorité. La lutte contre le gaspillage alimentaire est donc loin d’être terminée. Mais chaque produit sauvé de la poubelle peut représenter un repas de plus pour quelqu’un qui en a besoin.

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