La ville de Saintes a décidé de durcir le ton face aux comportements liés à l’ivresse sur la voie publique. À partir du 1er juillet 2026, les personnes interpellées pour ivresse manifeste devront payer jusqu’à 300 euros d’amende. Une mesure justifiée par le coût des interventions policières, mais qui suscite déjà un vif débat local.
Une amende doublée pour les personnes en état d’ivresse à Saintes

La municipalité de Saintes a voté une nouvelle mesure lors du dernier conseil municipal : les personnes en état d’ivresse sur la voie publique devront désormais s’acquitter d’une amende totale de 300 euros.
Jusqu’à présent, la sanction s’élevait à 150 euros. Désormais, la ville ajoute 150 euros supplémentaires correspondant aux frais de déplacement et d’intervention de la police municipale. Cette nouvelle réglementation entrera en vigueur dès le 1er juillet 2026. Pour la mairie, cette évolution répond à une réalité de terrain de plus en plus coûteuse pour les services municipaux.
Des interventions jugées trop lourdes pour la police municipale
Selon le maire Bruno Drappon, chaque prise en charge mobilise de nombreux moyens humains et logistiques. Lorsqu’une personne en état d’ivresse manifeste crée un trouble sur l’espace public, les policiers municipaux doivent intervenir rapidement, puis accompagner la personne vers un établissement de santé avant un éventuel placement en cellule de dégrisement.
Dans certains cas, les équipes doivent même quitter la ville lorsque le commissariat local ne dispose plus de places disponibles. Des transferts vers d’autres communes comme Royan peuvent alors être nécessaires.
La municipalité estime que ces missions éloignent les agents de leurs autres interventions et pèsent fortement sur les finances locales. Depuis janvier 2026, une quinzaine d’interpellations pour ivresse publique manifeste auraient déjà été recensées à Saintes.

La mairie veut faire payer les frais aux responsables des troubles
Les 150 euros supplémentaires correspondent au coût estimé d’une intervention mobilisant deux policiers municipaux pendant environ une heure et demie.
Pour le maire, cette mesure est une question de responsabilité : la ville ne souhaite plus supporter seule les conséquences financières de comportements perturbateurs sur la voie publique. La municipalité rappelle également que cette possibilité est encadrée par la loi et déjà appliquée dans plusieurs villes françaises.
Une mesure qui divise les habitants et l’opposition
Cette décision ne fait toutefois pas l’unanimité à Saintes. Certains habitants estiment que cette hausse des sanctions risque d’avoir peu d’impact réel sur les comportements. D’autres comprennent au contraire le durcissement mis en place par la mairie, considérant qu’une personne fortement alcoolisée dans la rue peut représenter un danger pour elle-même ou pour les autres.
L’opposition municipale critique également cette mesure. Pour Ludovic Norigeon, chef de file du groupe Saintes Demain, l’ivresse sur la voie publique relève avant tout d’un problème de santé publique et de précarité sociale. Selon lui, la ville devrait davantage investir dans l’accompagnement social et le soutien aux associations de médiation plutôt que dans des sanctions financières plus lourdes.
Une verbalisation ciblée sur les troubles à l’ordre public
Face aux critiques, la mairie insiste sur un point : toutes les personnes ayant consommé de l’alcool ne seront pas concernées.
La verbalisation renforcée ciblera uniquement les situations d’ivresse manifeste accompagnées de troubles à l’ordre public. Le maire assure ainsi qu’une personne simplement alcoolisée mais ne gênant personne ne sera pas sanctionnée. Avec cette nouvelle mesure, Saintes rejoint plusieurs communes françaises qui choisissent de renforcer les sanctions liées à l’ivresse publique afin de préserver la tranquillité et la sécurité dans l’espace urbain.
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