Accueillis à Bordeaux avant de rejoindre le Bassin d’Arcachon, 28 jeunes Ukrainiens et leurs accompagnateurs vont vivre une parenthèse de répit, loin du bruit des sirènes, des coupures d’électricité et du quotidien bouleversé par la guerre. Pendant plusieurs jours, ces enfants et adolescents vont découvrir la Gironde, l’océan, mais aussi participer à des ateliers photographiques pour raconter eux-mêmes leur séjour.
Pour beaucoup d’entre eux, ce voyage représente bien plus qu’un simple déplacement. Il est une respiration. Une pause nécessaire après des mois, parfois des années, passés dans l’angoisse du conflit. Certains ont perdu un parent, d’autres vivent avec un proche engagé au front ou ont dû quitter leur ville sous les bombardements.

Un accueil symbolique à l’Hôtel de Ville de Bordeaux
Avant leur départ vers le Bassin d’Arcachon, le groupe a été reçu au Palais Rohan, siège de l’Hôtel de Ville de Bordeaux. Malgré la fatigue du voyage et la chaleur, les sourires étaient bien présents. Les jeunes Ukrainiens, accompagnés de veuves de guerre et de vétérans, ont été accueillis dans la salle du conseil municipal.
Cette réception a permis de rappeler l’importance de la solidarité envers les familles ukrainiennes touchées par la guerre. Pour ces enfants, ce moment officiel avait aussi une dimension symbolique : être reconnus, soutenus et entourés, loin de leur quotidien difficile.
Plusieurs participants portaient des vyshyvanky, chemises traditionnelles ukrainiennes brodées, symboles forts de leur culture et de leur identité. En signe de remerciement, une chemise traditionnelle a été offerte à un élu bordelais, dans un moment simple mais chargé d’émotion.
Des enfants venus de régions durement touchées
Les jeunes accueillis viennent notamment de régions ukrainiennes particulièrement marquées par le conflit, comme Zaporijjia, Louhansk ou Soumy. Certains vivent encore aujourd’hui au rythme des alertes aériennes. À l’école, les sirènes les obligent régulièrement à rejoindre des abris.

Parmi les accompagnatrices, Masha, venue avec son fils de 9 ans, témoigne d’un quotidien fait de peur, de déplacements forcés et de privations. Dans certaines régions, les coupures d’électricité peuvent durer de longues heures, y compris en hiver. Pour ces familles, rejoindre la France et découvrir l’océan représente donc une véritable bouffée d’air.
Le Bassin d’Arcachon comme refuge temporaire
Pendant leur séjour, les enfants vont être hébergés près de l’océan, à Arcachon. Au programme : découverte de la dune du Pilat, excursion au Cap Ferret, visite de l’aquarium, balades sur le littoral, mais aussi rencontres culturelles et éducatives à Bordeaux.
Ce séjour n’a pas seulement pour objectif de divertir. Il doit aussi permettre aux jeunes de retrouver, même brièvement, une part d’insouciance. Courir sur le sable, voir l’océan, rire ensemble, prendre des photos : autant de gestes simples qui prennent ici une force particulière.
La photographie pour raconter leur propre histoire
Un atelier photo accompagne également cette initiative. Les jeunes recevront des appareils pour documenter leur voyage, capter les paysages, les rencontres, les sourires et les instants de calme. Chaque enfant pourra construire son propre carnet de voyage, tandis qu’une exposition collective pourrait garder une trace de cette expérience.

À travers l’image, ces jeunes Ukrainiens deviennent les narrateurs de leur propre parenthèse. Une manière de conserver des souvenirs positifs, de reprendre la main sur leur récit et d’inscrire ce séjour dans une mémoire commune.
Loin de la guerre, le Bassin d’Arcachon devient pour eux un espace de calme, de découverte et d’espoir. Une parenthèse fragile, mais précieuse, où l’océan offre enfin ce que beaucoup attendaient : un peu de paix.
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