Si tu te promènes le long des quais de Bordeaux, un détail architectural peut rapidement attirer ton regard. Aux numéros 27 et 29 du quai des Chartrons, deux maisons jumelles se distinguent par leur style atypique. Surnommées les “maisons hollandaises”, elles racontent à elles seules une partie de l’histoire commerciale et culturelle de la ville.
Un héritage du commerce du vin à Bordeaux

Pour comprendre l’origine de ces bâtiments, il faut remonter au XVIIe siècle. À cette époque, Bordeaux connaît un essor important grâce au commerce du vin. Le quartier des Chartrons devient alors un véritable pôle économique, attirant de nombreux négociants étrangers.
Parmi eux, des Hollandais, des Flamands, mais aussi des Anglais et des Allemands. Leur présence transforme profondément le visage du quartier. L’assèchement des marais au nord de la ville, réalisé notamment par le Flamand Conrad Gaussen, permet le développement de nouvelles zones constructibles.
C’est dans ce contexte qu’un marchand bordelais, Hilaire Renu, acquiert des terrains entre 1679 et 1680. Il y fait construire deux maisons inspirées du style flamand, reconnaissables à leurs pignons caractéristiques. Ce projet participe également à l’aménagement du quartier, avec la création des rues Latour et du Couvent autour de ces bâtiments.
Une architecture unique à Bordeaux
Ce qui rend ces maisons si particulières, c’est leur esthétique. Contrairement à l’architecture classique bordelaise, ces façades présentent des pignons triangulaires, typiques des constructions d’Europe du Nord.

En observant attentivement, tu peux également remarquer des détails sculptés, comme des têtes de lion situées aux extrémités. Ces éléments renforcent leur caractère singulier et témoignent de l’influence étrangère sur le patrimoine local.
Les dernières survivantes des quais
Aujourd’hui, ces deux maisons sont les seules à avoir traversé les siècles. À l’époque, de nombreuses habitations à pignons bordaient les quais des Chartrons. Mais au fil des aménagements urbains, notamment au XVIIIe siècle, la majorité a disparu.
Les “maisons hollandaises” ont failli connaître le même sort. Leur sauvegarde serait en partie liée à l’installation du Bureau des fermes, l’ancienne douane, à proximité. Ce contexte aurait permis d’éviter leur destruction.

Inscrites aux monuments historiques depuis 1990, elles constituent aujourd’hui un témoignage précieux de l’histoire de Bordeaux. Plus qu’un simple élément architectural, elles rappellent le rôle central des échanges internationaux dans le développement de la ville.
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