À un mois du baccalauréat, les élèves du lycée Camille-Jullian ont relancé ce lundi la tradition du Père cent dans les rues de Bordeaux. Farine, œufs, fumigènes et pétards étaient au rendez-vous autour de l’établissement, malgré les tentatives de la direction pour empêcher l’organisation de cette journée festive devenue très surveillée.
Une tradition lycéenne qui joue au chat et à la souris


Dès la récréation de 10 heures, les premiers groupes d’élèves se sont rassemblés devant les grilles du lycée. Rapidement, les sacs de farine ont volé d’un trottoir à l’autre, accompagnés de quelques œufs et de fumigènes. Une ambiance à la fois festive et tendue, dans laquelle les terminales célèbrent symboliquement les cent jours qui les séparent du bac.
Cette année, le Père cent avait pourtant failli ne jamais avoir lieu. En mars, la direction du lycée avait anticipé l’événement en mettant en place des fouilles de sacs à la date pressentie. Résultat : les élèves ont repoussé l’opération à plusieurs reprises avant de finalement lancer les festivités ce lundi.
Autour du lycée, les forces de l’ordre étaient particulièrement présentes. Le souvenir des débordements survenus lors d’éditions précédentes reste dans toutes les têtes. Il y a deux ans, des policiers avaient notamment été visés par des tirs de mortiers d’artifice.
Cette fois, la situation est restée globalement maîtrisée, même si deux adolescents de 17 ans ont été interpellés après avoir lancé des œufs sur une patrouille de police municipale.


Entre folklore étudiant et inquiétudes sécuritaires
Le Père cent fait partie des traditions lycéennes les plus anciennes, souvent vécue comme un rite de passage avant les examens. Mais au fil des années, ces rassemblements sont devenus de plus en plus sensibles pour les établissements scolaires et les autorités.
À Camille-Jullian, la direction a rappelé dans un message adressé aux familles que tout comportement mettant en danger la sécurité ou perturbant les concours organisés dans le lycée pourrait entraîner des sanctions disciplinaires.

© Instagram Ensemblescolairesaintjoseph
Sur place, certains élèves eux-mêmes jugeaient l’ambiance « plus calme » que lors des précédentes éditions. D’autres évoquaient déjà l’envie de faire « plus fort » l’année prochaine.
Derrière les jets de farine et les pétards, le Père cent révèle surtout une tension grandissante autour de ces traditions étudiantes, désormais scrutées sous l’angle de la sécurité publique. À Bordeaux, cette journée symbolique continue donc de survivre, entre nostalgie lycéenne, défi à l’autorité et volonté des établissements d’éviter tout dérapage à l’approche du bac. On a connu meilleure ambiance.
A lire aussi : Gironde : statues, tableaux et pièces rares avalés par le marché clandestin




