La tour Pey-Berland sera gratuite samedi 19 et dimanche 20 septembre. Pendant les Journées du patrimoine, les visiteurs pourront gravir les 231 marches du clocher de la cathédrale Saint-André et regarder Bordeaux depuis ses terrasses. L’accès se fera entre 10 heures et 18 heures, avec des billets à retirer sur place dès l’ouverture. Chaque créneau dure trente minutes et n’accueille que dix-neuf personnes : la gratuité ne supprime donc pas la limite de places.
Un clocher séparé de sa cathédrale
La tour se dresse à quelques mètres de Saint-André, mais ne touche pas l’édifice. Cette séparation n’est pas un effet de mise en scène. Lorsque l’archevêque Pey Berland engage sa construction à partir de 1440, le poids des cloches fait craindre pour la stabilité de la cathédrale et des sols de Bordeaux. Le clocher est donc élevé à part. La chronologie du monument établie par le Centre des monuments nationaux retrace ce choix, ainsi que les usages successifs de l’édifice.
Les cloches n’y sont installées que plusieurs siècles plus tard, au XIXe siècle. Entre-temps, la tour a servi de dépôt, de magasin de fourrage, de fabrique de plombs de chasse et même de logement. Ces vies parfois inattendues changent le regard porté sur sa pierre gothique : le monument que l’on photographie aujourd’hui n’a pas toujours eu la fonction que son apparence laisse supposer.
Quatre cloches occupent aujourd’hui deux chambres superposées. La plus imposante, Ferdinand-André, pèse plus de huit tonnes. Elle côtoie Marie, Clémence et Marguerite, toujours actives. Leur arrivée tardive raconte à elle seule le décalage entre le projet médiéval et l’usage réel de la tour au fil des siècles.

Deux terrasses pour lire le centre de Bordeaux
L’ascension mène à deux terrasses, situées à environ quarante et cinquante mètres. La ville se déploie alors autrement : le plan des rues, la masse de la cathédrale, les toits et le cours de la Garonne se replacent dans un même paysage. La statue dorée de Notre-Dame d’Aquitaine domine l’ensemble depuis 1863. Elle culmine à soixante-six mètres, bien au-dessus des visiteurs qui s’arrêtent aux niveaux ouverts au public.
La tour appartient au gothique flamboyant. Gargouilles et chimères ponctuent sa silhouette, mais toutes n’ont pas le même rôle : certaines évacuent l’eau de pluie, d’autres sont décoratives. La notice officielle de protection de la tour rappelle qu’elle est classée monument historique depuis 1862. Sa présence dans le paysage bordelais dépasse donc l’attrait du panorama ; c’est aussi un témoin de l’histoire médiévale et des transformations du centre-ville.

Une gratuité qui exige de choisir son moment
Le week-end du patrimoine ouvre la visite à tous sans payer, mais le monument ne peut absorber un flux continu. L’escalier en colimaçon est étroit, la montée compte 231 marches et la jauge est limitée à dix-neuf personnes par demi-heure. Les billets sont distribués à la billetterie de la tour à partir de 10 heures pour chacune des deux journées. Il n’est pas annoncé de réservation préalable pour ces créneaux gratuits.
Cette organisation distingue Pey-Berland d’une visite libre où l’on entre à tout moment. Un départ manqué peut imposer d’attendre le suivant, sous réserve de disponibilité. Les horaires de 10 heures à 18 heures s’appliquent samedi comme dimanche. La vue attire naturellement, mais la montée raconte aussi le bâtiment : la pierre, l’escalier et les changements de hauteur préparent progressivement le regard avant l’arrivée sur la terrasse.

Un monument familier à redécouvrir
Les Bordelais passent souvent devant la tour sans s’y arrêter. La gratuité des 19 et 20 septembre offre une occasion de mesurer ce qui la rend singulière : un clocher à distance de sa cathédrale, quatre cloches venues tardivement et une histoire d’usages successifs. Une fois redescendu, la place Pey-Berland ne se lit plus tout à fait de la même façon.
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