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Bordeaux : « Un habit trop grand » donne la parole aux personnes touchées par une lésion cérébrale

Une lésion cérébrale peut bouleverser la manière de parler, de travailler, de se déplacer ou d’habiter son quotidien. À Bordeaux, l’exposition « Un habit trop grand » abordera cette expérience à travers des œuvres créées avec des personnes concernées. Elle ouvrira le 16 octobre 2026 à l’hôtel de Ragueneau, rue du Loup. Peinture, écriture, photographie et son composent un projet collectif qui cherche à montrer des vies, plutôt qu’à réduire leurs auteurs à un diagnostic.

Des œuvres construites avec les personnes concernées

Un habit trop grand réunira à l’hôtel de Ragueneau, à Bordeaux, des œuvres créées avec des personnes touchées par une lésion cérébrale.

Le projet réunit Paul Peinture et Cyril Berthet autour de participants accompagnés par l’AFTC Gironde, un centre d’accueil de jour et des habitats inclusifs. Le travail a commencé en 2023. Cette durée compte : les images et les textes exposés ne résultent pas d’un atelier isolé, mais d’une relation suivie dans laquelle chacun a pu apporter son expérience et ses choix.

La création partagée est au cœur de la démarche. Les personnes ayant vécu une lésion cérébrale ne sont pas seulement photographiées ou décrites par d’autres. Elles interviennent dans la production des œuvres et des récits. Ce déplacement de la place du sujet change la lecture de l’exposition : le public rencontre des voix et des regards, pas une suite d’exemples destinés à illustrer une catégorie médicale.

Le titre, « Un habit trop grand », évoque le décalage entre une personne et la place qu’on lui assigne. Après une atteinte cérébrale, les capacités, les habitudes et les rapports sociaux peuvent changer. L’œuvre ne prétend pas résumer ces expériences, très différentes d’un individu à l’autre. Elle ouvre un espace pour dire ce qui échappe souvent aux descriptions administratives ou aux formules de sensibilisation.

Peinture, photographie, écriture et son

L’exposition mêle plusieurs supports. La photographie saisit des présences ; l’écriture et le son donnent accès à des paroles ; la peinture permet d’autres formes de représentation. Aucun de ces médiums ne suffit seul à raconter les conséquences d’une lésion cérébrale. Ensemble, ils multiplient les points d’entrée et laissent une place à ce qui ne se formule pas facilement.

Peinture, photographie, écriture et son composent le projet collectif mené depuis 2023 avec des participants accompagnés par plusieurs structures girondines.

L’AFTC Gironde accompagne des personnes touchées par des traumatismes crâniens et d’autres lésions cérébrales, ainsi que leurs proches. L’association présente ses missions et le Département de la Gironde détaille ses dispositifs liés au handicap. Ces informations donnent du contexte, mais la proposition de « Un habit trop grand » est d’abord artistique. Elle invite à regarder ce que les participants ont produit, sans confondre l’exposition avec une consultation ou une campagne de soins.

Le caractère collectif évite également l’idée d’un récit unique de la lésion cérébrale. Les conséquences d’un accident ou d’une maladie varient selon les personnes, et les façons de les raconter aussi. Un portrait, un texte ou un enregistrement peut faire entendre une expérience sans prétendre parler pour tous. Cette diversité est l’une des raisons de réunir plusieurs formes d’expression dans le même parcours.

Un rendez-vous ouvert jusqu’au 31 octobre

Le vernissage est annoncé le 15 octobre à 18 heures, avant l’ouverture publique du 16 octobre. L’exposition restera visible jusqu’au 31 octobre à l’hôtel de Ragueneau, 17 rue du Loup. L’accès est présenté comme gratuit. Des ateliers accompagnent le projet, avec des modalités à vérifier selon les séances. Le lieu historique, en centre-ville, donne à ces œuvres une visibilité qui dépasse les structures ayant participé à leur création.

L’exposition collective ouvrira au public le 16 octobre et restera visible jusqu’au 31 octobre, après un vernissage annoncé la veille.

La question de l’inclusion ne se résout pas par un slogan posé sur un mur. Elle se mesure aussi à la possibilité de créer, d’exposer et d’être entendu dans un espace public. C’est ce que ce projet tente de rendre concret. À Bordeaux, les visiteurs pourront découvrir le résultat d’un travail mené sur plusieurs années et rencontrer, derrière chaque œuvre, une manière singulière d’habiter le monde.

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