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À Bordeaux, les ventes des enseignes de mode du centre-ville chutent de 34 %

Entre le 17 et le 31 octobre, les enseignes d’habillement du centre de Bordeaux suivies par l’Alliance du Commerce ont vu leurs ventes reculer de 34 % par rapport à la période comparable de 2025. Ce chiffre publié jeudi 5 novembre mesure un trou d’air qui dépasse les seules vitrines dégradées lors des manifestations. Il éclaire les difficultés d’un centre-ville où les journées de fermeture, la baisse de fréquentation et l’approche de Noël se télescopent.

À Bordeaux, deux semaines à moins 34 %

Le chiffre est net, mais son périmètre compte. Le recul de 34 % à Bordeaux porte sur les ventes des magasins d’habillement de centre-ville présents dans le panel Retail Int. de l’Alliance du Commerce, entre le 17 et le 31 octobre. Il compare ces ventes à celles de la période correspondante un an plus tôt. Ce n’est ni une mesure de l’ensemble des commerces bordelais ni le bilan d’une seule journée de manifestation.

Le panel rassemble plus de 70 enseignes d’habillement et plus de 10 000 magasins à l’échelle nationale. Il permet de suivre une tendance à périmètre comparable, mais ne décrit pas séparément les petites boutiques indépendantes, la restauration ou les services. Pour Bordeaux, la baisse révèle néanmoins la profondeur du choc dans un secteur où les samedis comptent lourd dans les ventes.

Du 17 au 31 octobre 2026, les ventes des enseignes d’habillement suivies dans le centre de Bordeaux reculent de 34 % sur un an.

Le manque à gagner ne s’arrête pas aux vitrines cassées

Les violences du 17 octobre ont laissé des commerces endommagés dans l’hypercentre. Mais une boutique intacte peut aussi perdre une journée de vente si elle ferme par précaution, si son personnel ne peut pas travailler ou si les clients renoncent à venir. L’étude de l’Alliance du Commerce décrit précisément cette onde de choc : le chiffre d’affaires se replie au-delà des seuls établissements pillés ou vandalisés.

À l’échelle nationale, les commerces de centre-ville suivis ont perdu 13 points de croissance entre le 17 et le 31 octobre, après un début de mois plus favorable. Le trafic des commerces de centre-ville, tous secteurs confondus, a diminué de 13 % sur l’ensemble du mois. Ces données ne permettent pas d’attribuer chaque achat manqué à un événement précis. Elles montrent toutefois que la fréquentation n’a pas retrouvé son rythme pendant la seconde moitié d’octobre.

Illustration générée représentant un groupe de jeunes manifestants anonymes, sans lien avec un cortège réel
Le mouvement lycéen réclame davantage de moyens pour l’éducation. Illustration générée, sans lien photographique avec la manifestation de Bordeaux.

La périphérie ne suit pas la même trajectoire

Le contraste est marqué. En octobre, les zones commerciales de périphérie et les retail parks gagnent 6,1 % de chiffre d’affaires dans le panel, tandis que les magasins installés sur rue en centre-ville perdent 6,6 %. Les boutiques de centres commerciaux situés au centre des villes reculent de 9,2 %. Ces pourcentages sont nationaux : ils ne disent pas combien de clients bordelais auraient changé leurs habitudes au profit de la périphérie.

Sur l’ensemble d’octobre, le chiffre d’affaires en magasin des enseignes d’habillement du panel baisse de 0,4 % par rapport à 2025. La faiblesse du total national masque donc une fracture entre les emplacements. Pour les magasins du centre-ville de Bordeaux, la chute de la seconde quinzaine est bien plus rude que cette moyenne.

À l’échelle nationale, les zones commerciales de périphérie progressent en octobre, alors que les magasins situés en centre-ville reculent.

À quelques semaines des fêtes, quelles réponses ?

L’Alliance du Commerce réclame des ouvertures dominicales supplémentaires en novembre et décembre, sur la base du volontariat et dans le respect des droits des salariés. Il s’agit d’une demande de la profession, pas d’un calendrier déjà arrêté pour chaque boutique bordelaise. Le vrai enjeu est de redonner aux clients une raison de revenir en centre-ville, sans faire peser le coût du redémarrage sur les seuls commerçants et leurs équipes.

Pour les entreprises directement touchées par les dégradations, le gouvernement a détaillé des mesures de soutien à l’emploi et à la trésorerie. En Gironde, la Chambre de métiers accompagne les artisans touchés dans leurs démarches après les violences d’octobre. Ces aides répondent aux sinistres. Elles ne compensent pas, à elles seules, deux semaines de clients absents.

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