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Budget de la Gironde : le retour à l’équilibre visé en 2027

La Gironde veut ramener ses comptes à l’équilibre en 2027. Après un déficit de 77 millions d’euros constaté en 2025, le Département prévoit de le réduire à 25 millions en 2026. Cette trajectoire, présentée par son président Jean-Luc Gleyze, concerne un budget d’environ 1,8 milliard d’euros. Derrière les chiffres se dessine une question concrète : comment préserver les solidarités et les services de proximité tout en réduisant les dépenses ?

À Bordeaux-Mériadeck, l’hôtel du Département accueille une partie des services chargés de déployer les politiques publiques girondines. Photo CG33, CC BY-SA 3.0.

Un déficit réduit, mais pas encore effacé

Le cap affiché est net. Le déficit de l’exercice 2025 s’est établi à 77 millions d’euros, alors qu’une estimation antérieure le situait à 103 millions. Pour 2026, la collectivité table sur 25 millions de déficit. Le retour à l’équilibre en 2027 reste, à ce stade, un objectif : il dépendra de l’exécution des budgets, des recettes réellement encaissées et des charges supportées par le Département.

Les montants ne décrivent pas à eux seuls la situation financière. Le Département finance notamment la protection de l’enfance, l’aide aux personnes âgées ou handicapées, l’insertion, les collèges et les routes. Certaines de ces dépenses évoluent avec les besoins des habitants et la démographie ; elles ne se réduisent pas par une simple décision comptable. La collectivité doit donc arbitrer entre économies immédiates et maintien de ses missions.

Le budget 2026 validé par la Chambre régionale des comptes atteint environ 1,8 milliard d’euros. Le Département y annonçait un effort financier de 54 millions d’euros. L’objectif de 2027 prolonge ce travail de redressement, mais sa réussite ne pourra être jugée qu’à la lecture des comptes définitifs.

Façade de l’hôtel du Département de la Gironde à Bordeaux-Mériadeck
À Bordeaux-Mériadeck, l’hôtel du Département accueille une partie des services chargés de déployer les politiques publiques girondines. Photo CG33, CC BY-SA 3.0.

Les effectifs au cœur de l’effort

La réduction des dépenses passera aussi par les ressources humaines. L’exécutif départemental évoque 255 agents en moins et un rééquilibrage lié à la mobilité. Il annonce parallèlement vouloir maintenir les personnels de terrain des catégories B et C. Cette distinction est essentielle : elle sépare les ajustements d’organisation de la présence des agents qui accueillent, accompagnent ou interviennent directement auprès du public.

Reste une difficulté très concrète. Une population qui augmente et vieillit sollicite davantage les politiques sociales. Les besoins ne s’arrêtent pas parce que les effectifs diminuent. Le résultat dépendra de la répartition des postes, des départs effectivement remplacés et de la capacité des équipes à absorber la charge. Sur ce point, les chiffres globaux ne suffisent pas à mesurer l’effet pour les usagers.

Le Département assure vouloir conserver trois priorités : l’accompagnement des personnes vulnérables, la cohésion des territoires et les transitions écologique, démographique et technologique. Sa conférence de presse de rentrée présente ces orientations dans un contexte marqué aussi par les suites des incendies girondins. Il faudra voir comment elles se traduiront dans les crédits et les décisions de terrain.

Un suivi mensuel pour tenir la trajectoire

Pour piloter ce redressement, la collectivité a mis en place un comité de suivi mensuel associant l’État et la Chambre régionale des comptes, ainsi qu’un comité stratégique. Ces rendez-vous doivent permettre de confronter les prévisions aux dépenses et recettes réelles. Ils donnent aussi un cadre de discussion à un désaccord récurrent sur le financement de certaines missions que le Département estime relever de la responsabilité de l’État.

Immeuble Gironde

Jean-Luc Gleyze vise également une certification des comptes en 2027. La démarche porte sur la fiabilité de l’information financière ; elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve d’équilibre budgétaire. Les deux ambitions doivent donc être suivies séparément : améliorer la qualité des comptes et supprimer le déficit annuel.

Pour les Girondins, l’enjeu dépassera le tableau de chiffres. Le débat budgétaire dira quels services restent accessibles, à quel niveau et avec quels moyens humains. En 2027, c’est cette réalité, autant que le solde comptable, qui permettra de juger la trajectoire annoncée.

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