Un café où l’on peut rater un dessin et recommencer sans regarder l’horloge : c’est le parti pris d’Imagine, ouvert au 18, rue des Bahutiers, à Bordeaux. Sa fondatrice, Tina Fernandez, met à disposition papier, toiles, crayons, peinture et matériel de linogravure. L’activité commence à 15 euros et n’est pas enfermée dans un créneau de cours. Le visiteur choisit sa technique, travaille à son rythme et emporte sa création.
Une table, du matériel et aucune séance imposée
Imagine ne distribue pas le même exercice à tous ses clients. Certains viennent avec un projet ; d’autres veulent simplement essayer l’aquarelle, le fusain ou la linogravure. Tina Fernandez peut guider un geste ou expliquer une technique, sans transformer le café en salle de cours. Le temps de création n’est pas limité par un atelier programmé. Cette liberté constitue le cœur du lieu, plus que la liste des fournitures disponibles.

Le choix est large : crayons de couleur, pastels, acrylique, aquarelle, fusain et linogravure. Pour le papier, trois formats sont proposés à 15, 18 et 22 euros. Les toiles coûtent 15, 20 ou 25 euros selon leur taille. Le client repart avec son travail. Ces montants concernent l’activité artistique ; ils ne comprennent pas les boissons ou les pâtisseries commandées au comptoir.
La fondatrice a étudié les arts graphiques avant de travailler dans l’imprimerie. Une mutation à Libourne l’a amenée dans la région. À 30 ans, elle ouvre sa première adresse de restauration, mais son parcours explique pourquoi les matériaux occupent la place principale. La création n’est pas un thème décoratif destiné à différencier un café ordinaire : elle commande l’organisation des tables et l’usage du temps sur place.
Le café sert de cadre au travail manuel
Au comptoir, Imagine propose expressos, cappuccinos, cold brew, kombucha, vin et bière. Les prix annoncés vont de 2 euros pour l’espresso à 4,50 euros pour un cold brew. Cookies, cakes, brownies et cheesecakes accompagnent les boissons ; les pâtisseries viennent de l’atelier bordelais Cake Factory, qui présente sa gamme. Le salé comprend une planche mixte et des dips, tandis que des tartines sont envisagées.
Cette carte courte laisse de la place à l’activité qui prend le plus de temps : dessiner, peindre, graver. Quelqu’un peut rester concentré sur une toile tandis qu’un autre s’arrête pour découvrir le principe du lieu. Le café crée une situation plus souple qu’un atelier sur inscription, sans prétendre remplacer l’enseignement d’une école d’art. Sa réussite dépendra de la qualité du matériel autant que de l’accueil.
L’entreprise Café Imagine est au 18, rue des Bahutiers depuis 2026, pour des activités mêlant café, pratique artistique et vente d’objets. Tina Fernandez envisage de faire intervenir plus tard des artistes spécialisés dans un espace au sous-sol. Aucun programme régulier de ces interventions n’est annoncé pour le moment.

Rue des Bahutiers, miser sur le temps libre
Imagine ouvre le mardi, le jeudi et le vendredi de 14 heures à 20 heures, le mercredi de 14 heures à 18 heures et le samedi de 10 heures à 20 heures. Ces plages privilégient les après-midi et offrent une journée entière le samedi. Elles donnent la possibilité de s’installer pour un travail long ou de passer plus brièvement, selon l’envie et le support choisi.
Le prix d’entrée de l’activité ne promet ni talent instantané ni œuvre réussie. Il paie l’accès aux matériaux, à une table et au droit d’essayer. On peut y commencer un dessin, changer de technique, recommencer, puis repartir avec la trace de ce temps passé. C’est une proposition simple, mais rare dans un commerce où les clients sont souvent invités à libérer leur place rapidement.

Dans le quartier Saint-Pierre, Imagine devra tenir cette promesse très concrète : laisser chacun créer à son rythme, sans que la consommation prenne le pas sur le geste.
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