Clémence Meyer, procureure de la République à Auch depuis novembre 2023, doit prochainement rejoindre le parquet général de Bordeaux. Cette mutation ramène en Gironde une magistrate qui avait déjà exercé à Libourne avant son passage dans le Gers. Son arrivée intervient après un été marqué par la très forte exposition publique du parquet auscitain dans l’affaire Lyhanna.

Un retour en Gironde pour Clémence Meyer
Cette nouvelle affectation ne conduit pas Clémence Meyer vers un territoire inconnu. Avant sa nomination à Auch, elle occupait les fonctions de vice-procureure au tribunal judiciaire de Libourne. Elle y avait notamment travaillé sur des sujets liés aux mineurs, aux violences intrafamiliales et à l’accompagnement des victimes. Son parcours professionnel possède donc déjà de solides attaches girondines.
La magistrate avait pris la tête du parquet d’Auch le 27 novembre 2023, succédant à Jacques-Édouard Andrault. Ce poste constituait sa première expérience comme procureure de la République. À la tête d’une petite juridiction confrontée à une activité soutenue, elle dirigeait l’action publique, organisait le travail des magistrats du parquet et représentait le ministère public lors des audiences.
En 2025, plus de 10 000 procédures pénales avaient été enregistrées par ce parquet, qui comptait trois magistrats pour environ 192 000 habitants. Ces chiffres donnent la mesure de la charge assumée quotidiennement.
Son départ vers Bordeaux intervient dans un contexte particulièrement sensible. Le traitement de procédures antérieures à la disparition et à la mort de Lyhanna, collégienne de 11 ans, a déclenché une inspection et un débat national sur le fonctionnement de la chaîne pénale. Le parquet d’Auch, la gendarmerie et les moyens attribués à la justice ont été placés au centre de nombreuses interrogations.

Que fait le parquet général de Bordeaux ?
Le passage d’un parquet de tribunal judiciaire à un parquet général modifie l’échelle d’intervention. Placé auprès de la cour d’appel, celui-ci agit sous l’autorité du procureur général. Ses magistrats prennent des réquisitions dans les affaires examinées en appel, suivent certaines politiques pénales et assurent une coordination avec les procureurs de la République du ressort.
La présentation officielle du ressort de la cour d’appel de Bordeaux rappelle que celui-ci couvre la Gironde, la Dordogne et la Charente. Il comprend les tribunaux judiciaires de Bordeaux, Libourne, Périgueux, Bergerac et Angoulême. La nouvelle affectation place ainsi Clémence Meyer dans une organisation couvrant trois départements, avec des dossiers plus larges que ceux d’un seul tribunal.
Le ministère public ne juge pas les affaires : il défend l’intérêt général, veille à l’application de la loi et présente ses réquisitions. Le document du ministère de la Justice consacré aux missions des magistrats du parquet distingue clairement le procureur de la République, chef du parquet d’un tribunal, du procureur général, chef du parquet d’une cour d’appel.

Une magistrate expérimentée dans les dossiers sensibles
Avant Libourne et Auch, Clémence Meyer avait travaillé à la Direction des affaires criminelles et des grâces, puis dans différents parquets. Son parcours l’a conduite à traiter des questions de politique pénale, de protection des mineurs et de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette expérience pourra être mobilisée au sein du parquet général bordelais, dont les missions dépassent le suivi quotidien des plaintes et des enquêtes locales.
La mutation ne clôt pas les procédures administratives ou judiciaires ouvertes autour de l’affaire Lyhanna, qui suivent leur propre calendrier. Elle ouvre en revanche une nouvelle étape professionnelle pour la procureure. Son arrivée à Bordeaux sera observée avec attention, autant en raison de son parcours girondin que de la séquence éprouvante traversée à Auch.
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